Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Montpellier, réf. proximite, 15 avr. 2026, n° 26/00294 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 26/00294 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) |
| Date de dernière mise à jour : | 26 mai 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Texte intégral
DOSSIER : N° RG 26/00294 – N° Portalis DBYB-W-B7K-QLQO
Copie exécutoire à
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MONTPELLIER
[Adresse 1]
AUDIENCE DES REFERES
ORDONNANCE
RENDUE LE 15 Avril 2026
PAR Sabine CORVAISIER, première vice-présidente, juge des contentieux de la protection, statuant en matière de referé,
assistée de BOUTAUD Clémence, Greffier, lors des débats
et de Sofia STATOUA, Greffier placé, lors du prononcé du délibéré
ENTRE :
DEMANDERESSE
Société -ADOMA, SOCIETE ANONYME D’ECONOMIE MIXTE, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Me Bernard BAYLE-BESSON, avocat au barreau de TOULOUSE
ET
DEFENDEUR
Monsieur [T] [W], demeurant [Adresse 3]
non comparant, ni représenté
Les débats ont été déclarés clos le 24 Mars 2026 , Madame le Président ayant informé les parties que la décision serait rendue le 15 Avril 2026.
SUR QUOI, L’ORDONNANCE SUIVANTE A ETE RENDUE :
EXPOSE DU LITIGE
Par contrat de résidence signé le 15 septembre 2023 et ayant pris effet le 1er septembre 2023, conclu pour une durée d’un mois renouvelable, la SA ADOMA a mis à disposition de Monsieur [T] [W] un local d’habitation dans une résidence sociale située [Adresse 4], moyennant une redevance mensuelle de 300,95 euros, outre redevance correspondant aux prestations obligatoires de 37,90 euros.
Des redevances étant demeurés impayées, la SA ADOMA a, par courrier en date du 30 juin 2025, proposé à Monsieur [T] [W], un plan d’apurement de la dette d’un montant de 1087,80 euros.
Des redevances étant à nouveau demeurés impayées, la SA ADOMA a mis en demeure Monsieur [T] [W], le 7 juillet 2025, de payer la sommes de 1 087,8 euros au titre des redevances impayées dues.
***
Par acte de commissaire de justice signifié à étude le 13 février 2026, la SA ADOMA a fait assigner Monsieur [T] [W] pour l’audience du 24 mars 2026, devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de MONTPELLIER, statuant en référé, et demande, notamment sur le fondement des articles 1103, 1104, 1231 et 1231-1 et suivants du Code civil :
— le constat de la résiliation du contrat par le jeu de la clause résolutoire en raison de l’impayé de redevances,
— l’expulsion de Monsieur [T] [W] et de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique,
— la fixation de l’indemnité mensuelle d’occupation à la somme de 430,33 euros par mois à compter de l’ordonnance à intervenir et ce jusqu’au départ effectif des lieux, et la condamnation de Monsieur [T] [W] au paiement de celle-ci,
— la condamnation de Monsieur [T] [W] à payer la somme de 2 538,03 euros à titre de provision correspondant aux redevances mensuelles impayées, somme à parfaire au jour de l’audience,
— la condamnation de Monsieur [T] [W] aux entiers dépens et à payer la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
***
À l’audience du 24 mars 2026, la SA ADOMA était représentée par son conseil. Monsieur [T] [W], bien que régulièrement assigné à comparaître, n’était ni présent, ni représenté.
La SA ADOMA a maintenu ses demandes telles que portées dans l’assignation, à laquelle il convient de se référer, conformément à l’article 455 du code de procédure civile, pour un plus ample exposé de ses moyens outre actualisation de la dette principale par décompte produit à l’audience, à la somme de 3994,91 euros.
La décision a été mise en délibéré au 15 avril 2026.
MOTIFS
En vertu de l’article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de la saisine en référé
L’article 834 du Code de procédure civile dispose que dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
L’article suivant précise qu’il peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence d’une obligation n’est pas sérieusement contestable, le juge des contentieux de la protection peut accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En l’espèce, l’occupation sans droit ni titre d’un immeuble, qui peut résulter du constat de la résiliation du bail du fait d’impayés, constitue un trouble manifestement illicite que le juge des référés se doit de faire cesser si elle est avérée. L’action en référé est donc recevable.
Sur la demande de constat de la résiliation du bail et ses conséquences
Sur l’acquisition des effets des clauses résolutoires
Les articles L 633-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation régissent les logements-foyers.
La SA ADOMA a respecté son obligation d’aviser la CAF, le résident percevant les APL.
En l’espèce, le contrat de résidence prévoit notamment qu’à défaut de paiement de la redevance et un mois après mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, le contrat sera résilié de plein droit.
La mise en demeure de payer du 7 juillet 2025, envoyée par lettre recommandée, vise cette clause. Elle est demeurée infructueuse pendant plus d’un mois, de sorte qu’il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat étaient réunies à la date du 8 août 2025, date de résiliation dudit contrat.
Sur les conséquences
Devenu occupant sans droit ni titre, l’expulsion de Monsieur [T] [W] ne pourra qu’être ordonnée selon les modalités prévues au dispositif de la présente ordonnance.
Monsieur [T] [W] devra alors également payer une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant équivalent à celui de la redevance financière qui aurait été exigible si le contrat n’avait pas été résilié, à compter du 8 août 2025, et ce jusqu’à l’entière libération des lieux. Conformément au principe de la réparation intégrale, cette indemnité mensuelle d’occupation sera indexée, le cas échéant, selon les modalités prévues au contrat.
Conformément à l’article L.433-1 du Code des procédures civiles d’exécution, les meubles se trouvant dans les lieux seront remis aux frais de la personne expulsée en un lieu qu’elle désignera. À défaut, ils seront entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par l’huissier de justice chargé de l’exécution après sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans le délai imparti.
Sur la demande de provision
Conformément à l’article 835 du Code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable.
En l’espèce, il résulte des documents et décomptes versés aux débats que Monsieur [T] [W] se trouve redevable de la somme de 3 994,91 euros en arriéré de redevances financières et d’indemnités d’occupation échues, arrêté au 18 mars 2026 mensualité du mois de février comprise, selon décompte établi par la SA ADOMA et ci-après annexé, après le cas échéant, enlèvement des différents frais ne pouvant être considérés comme des redevances financières récupérables.
Monsieur [T] [W] sera donc condamné à payer la somme provisionnelle de 3 994,91 euros à la SA ADOMA.
Sur les dépens
L’article 491 du Code de procédure civile dispose que le juge des référés statue sur les dépens. Il le fait conformément aux dispositions de l’article 696 du Code de procédure civile, selon lesquelles la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie.
Monsieur [T] [W], partie perdante, sera donc condamné aux dépens.
Sur les frais irrépétibles
Aux termes de l’article 700 du Code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à ces condamnations.
En l’espèce, l’équité et la situation économique de Monsieur [T] [W] justifient de ne pas faire application de ces dispositions.
Sur l’exécution provisoire
Aux termes de l’article 514-1 du Code de procédure civile, le juge statuant en référé ne peut écarter l’exécution provisoire qui est, aux termes de l’article précédent, de droit pour les décisions de première instance.
PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition au greffe en qualité de juge des référés, par ordonnance réputée contradictoire rendue en premier ressort,
DÉCLARONS RECEVABLE l’action en référé,
CONSTATONS que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au contrat de résidence signé le 15 septembre 2023 et ayant pris effet le 1er septembre 2023 entre la SA ADOMA et Monsieur [T] [W] concernant le local d’hébergement situé [Adresse 5], [Adresse 6], sont réunies à la date du 8 août 2025, du fait de l’impayé de redevances,
DÉCLARONS en conséquence Monsieur [T] [W] occupant sans droit ni titre des lieux situés à l’adresse ci-dessus mentionnée, à compter du 8 août 2025,
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [T] [W] d’avoir volontairement libéré les lieux indûment occupés avec toutes les personnes et biens s’y trouvant de son chef, dans les deux mois de la signification d’un commandement de quitter les lieux, il sera procédé à son expulsion, au besoin avec le concours de la force publique et l’aide d’un serrurier, et il sera procédé, conformément à l’article L. 433-1 du Code des procédures civiles d’exécution, au transport des meubles laissés dans les lieux, à ses frais, dans tel garde-meuble désigné par la personne expulsée ou à défaut par la SA ADOMA,
FIXONS au montant de la redevance financière mensuelle qui aurait été exigible si le contrat n’avait pas été résilié, l’indemnité mensuelle d’occupation que Monsieur [T] [W] devra payer à compter de la date de résiliation du contrat le 8 août 2025, jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux, caractérisée par la restitution des clés à la SA ADOMA ou à son mandataire, avec le cas échéant, indexation selon les dispositions contractuelles,
CONDAMNONS Monsieur [T] [W] à payer à la SA ADOMA la somme provisionnelle de 3994,91 représentant l’arriéré de redevances mensuelles et indemnités d’occupation, arrêté à la date du 18 mars 2026, indemnité du mois de février comprise,
DÉBOUTONS la SA ADOMA de ses autres demandes,
CONDAMNONS Monsieur [T] [W] aux dépens,
DISONS que s’il devait être exposés des dépens pour l’exécution de la décision, ils seraient à la charge de Monsieur [T] [W],
DISONS n’y avoir lieu à application de l’article 700 du Code de procédure civile et DÉBOUTONS la SA ADOMA de sa demande de ce chef,
CONSTATONS l’exécution provisoire,
DISONS qu’une copie de la présente décision sera transmise au représentant de l’État dans le département.
Ainsi jugé et mis à disposition au greffe les jour, mois et an que dessus et signé par le Juge et le Greffier.
LA GREFFIÈRE LA JUGE DES RÉFÉRÉS
En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre la présente décision à exécution, aux procureurs généraux et procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi la minute des présentes a été signée électroniquement par le président et par le greffier.
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Faute inexcusable ·
- Victime ·
- Employeur ·
- Travail ·
- Risque ·
- Préjudice ·
- Rente ·
- Sécurité sociale ·
- Sociétés ·
- Poste
- Fret ·
- Expertise ·
- International ·
- Mission ·
- Transport ·
- Juge des référés ·
- Partie ·
- Délai ·
- Assureur ·
- Adresses
- Déficit fonctionnel temporaire ·
- Assurance maladie ·
- Souffrances endurées ·
- Préjudice corporel ·
- Expertise ·
- Indemnisation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Expert ·
- Gauche ·
- Date
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Enfant ·
- Divorce ·
- Potiron ·
- Droit de visite ·
- Hébergement ·
- Mariage ·
- Tribunal judiciaire ·
- Autorité parentale ·
- Vacances ·
- Date
- Commission de surendettement ·
- Code de commerce ·
- Tribunal judiciaire ·
- Livre ·
- Consommation ·
- Copie ·
- Jugement ·
- Traitement ·
- Ouverture ·
- Ministère public
- Devis ·
- Tribunal judiciaire ·
- Peinture ·
- Acompte ·
- Réalisation ·
- Titre ·
- Partie ·
- Résolution du contrat ·
- Civil ·
- Code civil
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Assemblée générale ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Autorisation ·
- Consorts ·
- Résolution ·
- Immeuble ·
- Partie commune ·
- Eau usée ·
- Lot ·
- Syndic
- Habitat ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Expulsion ·
- Locataire ·
- Épouse ·
- Référé ·
- In solidum ·
- Résiliation ·
- Clause resolutoire
- Contrôle ·
- Urssaf ·
- Sécurité sociale ·
- Lettre d'observations ·
- Travail dissimulé ·
- Sociétés ·
- Salarié ·
- Redressement ·
- Cotisations ·
- Retard
Sur les mêmes thèmes • 3
- Enfant ·
- Débiteur ·
- Vacances ·
- Parents ·
- Contribution ·
- Education ·
- Divorce ·
- Classes ·
- Créance alimentaire ·
- Résidence
- Pénalité ·
- Prestation ·
- Sécurité sociale ·
- Pièces ·
- Fausse déclaration ·
- Dette ·
- Montant ·
- Tribunal judiciaire ·
- Indemnités journalieres ·
- Assurance vieillesse
- Bail ·
- Commandement de payer ·
- Clause pénale ·
- Tribunal judiciaire ·
- Loyer ·
- Résiliation ·
- Clause resolutoire ·
- Contrats ·
- Commissaire de justice ·
- Indemnité d 'occupation
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.