Tribunal de commerce / TAE de Nanterre, 6 octobre 2022, n° 2022R00834
TCOM Nanterre 6 octobre 2022
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TCOM Nanterre 6 octobre 2022
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CA Versailles
Infirmation 19 janvier 2023

Arguments

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  • Accepté
    Trouble manifestement illicite

    La cour a estimé que la société REBUILD.SH n'est pas l'auteur du piratage, mais que la publication d'informations obtenues illégalement pourrait causer un dommage imminent aux sociétés demanderesses.

  • Rejeté
    Violation du secret des affaires

    La cour a jugé que les informations publiées ne relèvent pas du secret des affaires et que leur divulgation est d'intérêt général.

  • Accepté
    Frais engagés pour faire valoir leurs droits

    La cour a jugé qu'il serait inéquitable de laisser à la charge des demanderesses les frais engagés pour cette instance.

Résumé par Doctrine IA

Le Tribunal de Commerce de Nanterre a statué sur une demande de mesures conservatoires introduite par les sociétés ALTICE GROUP LUX, ALTICE FRANCE et VALAIS MANAGEMENT SERVICES contre la société REBUILD.SH, éditrice du journal en ligne "Reflets". Les demanderesses accusent REBUILD.SH de publier des informations obtenues illégalement suite à un piratage informatique par le groupe Hive, invoquant une atteinte à un système de traitement automatisé de données (articles 323-1 et suivants du code pénal) et une violation du secret des affaires (articles L.151-1 et suivants du code de commerce). Elles demandent la suppression des articles incriminés et l'interdiction de publier des contenus relatifs aux données piratées. REBUILD.SH réfute ces accusations, arguant de la liberté d'expression et d'information (article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme) et de l'absence de violation du secret des affaires, les informations publiées relevant du débat d'intérêt général. Le tribunal reconnaît que REBUILD.SH n'est pas l'auteur du piratage et que les informations publiées ne constituent pas un trouble manifestement illicite au regard du secret des affaires. Cependant, il juge qu'il existe un dommage imminent compte tenu de la menace de publication de nouvelles informations obtenues illégalement, et ordonne à REBUILD.SH de ne pas publier de nouvelles informations issues du piratage. Les demandes de dommages-intérêts de REBUILD.SH pour action abusive sont rejetées, et le tribunal condamne REBUILD.SH à verser aux demanderesses 1 500 € chacune au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux dépens de l'instance.

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Sur la décision

Référence :
T. com. Nanterre, 6 oct. 2022, n° 2022R00834
Juridiction : Tribunal de commerce / TAE de Nanterre
Numéro(s) : 2022R00834

Texte intégral

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