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Sur la décision
| Référence : | TJ Draguignan, ch. 4, 4 déc. 2024, n° 24/04936 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/04936 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 5 mai 2025 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : |
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE DRAGUIGNAN
4ème chambre civile
Juge du Contentieux de la Protection
JUGEMENT
Chambre 4
N° RG 24/04936 – N° Portalis DB3D-W-B7I-KJ2W
MINUTE N°
JUGEMENT
DU 04 Décembre 2024
S.A. FRANFINANCE c/ [L]
DÉBATS :
A l’audience publique du 02 Octobre 2024, l’affaire a été mise en délibéré au 04 Décembre 2024, les parties ayant été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe
COMPOSITION DE LA JURIDICTION :
Lors des débats et qui a délibéré :
Président : Madame Ariane CHARDONNET, Vice-Président en charge des fonctions de JCP du TJ
assisté lors des débats par Madame Stéphanie STAINIER, Greffier
et lors du prononcé par Madame Stéphanie STAINIER qui a signé la minute avec le président
PRONONCÉ : par mise à disposition au greffe le 04 Décembre 2024
ENTRE :
DEMANDERESSE:
S.A. FRANFINANCE
[Adresse 1]
[Adresse 4]
[Localité 3]
Rep/assistant : Maître Clément AUDRAN de l’AARPI AUDRAN LAUER PALERM, avocats au barreau de TOULON
DEFENDERESSE:
Madame [J] [L]
[Adresse 5]
[Localité 2]
COPIES DÉLIVRÉES LE 04 Décembre 2024 :
1 copie exécutoire à ;
— Maître Clément AUDRAN de l’AARPI AUDRAN LAUER PALERM
— [J] [L]
1 copie dossier
FAITS, PROCEDURE ET PRETENTIONS DES PARTIES
Selon offre préalable n°11199013316 formée le 17 août 2021, acceptée le 23 août 2021, la SA FRANFINANCE a consenti à madame [J] [L] un prêt personnel d’un montant de 2.867,73 euros, au taux conventionnel de 19,11 % l’an (TAEG 20,88 % ) sans souscription de l’assurance facultative.
Le prêt est remboursable à raison de 77 mensualités, la première échéance intervenant le 12 octobre 2021.
Madame [J] [L] ayant cessé de respecter ses engagements contractuels, le prêteur s’est prévalu le 18 octobre 2023 de la déchéance du terme du contrat de prêt.
Par acte de commissaire de Justice signifié le 4 juin 2024 par dépôt en l’étude, la SA FRANFINANCE a assigné l’emprunteur en paiement devant la présente Juridiction à l’audience du 2 octobre 2024.
Elle poursuit la condamnation de la défenderesse, sous bénéfice de l’exécution provisoire, à lui régler les sommes suivantes à savoir :
259,56 euros au titre des échéances impayées et 2.366,07 euros au titre du solde du prêt n°11199013316 à la date du 18 octobre 2023, somme assortie des intérêts au taux conventionnel de 19,11 % l’an à compter de la déchéance du terme, soit le 11 août 2023,197,65 euros au titre de l’indemnité légale de 8 %800 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
La SA FRANFINANCE, représentée par son conseil, se défend de toute irrégularité.
Madame [J] [L] n’a pas comparu et n’était pas représentée à l’audience.
Le tribunal a soulevé d’office à l’audience les dispositions du code de la consommation relatives à la forclusion et aux causes de déchéance du droit aux intérêts.
Les parties ont été avisées que la décision serait rendue le 4 décembre 2024 par mise à disposition au greffe de la présente juridiction.
Compte tenu des modalités de citation et de comparution des parties ainsi que du montant des demandes, la présente décision est rendue par défaut conformément aux dispositions de l’article 473 du code de procédure civile et en dernier ressort.
Conformément aux dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparait pas, il est néanmoins statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
*************
MOTIFS DE LA DECISION
Selon les dispositions de l’article 9 du Code de Procédure Civile, il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
Le Tribunal rappelle que les dispositions de l’article 750-1 du code de procédure civile relatives à l’obligation de recourir à un mode de résolution amiable des différends “ne s’applique pas aux litiges relatifs à l’application des dispositions mentionnées à l’article L. 314-26 du code de la consommation ».
I/ SUR LE PRINCIPAL
A/ Sur la recevabilité de l’action de la demanderesse
L’article R 312-35 du Code de la consommation confie au Tribunal Judiciaire la connaissance des litiges nés de l’application du chapitre dans lequel il s’insère.
Les actions en paiement engagées devant ledit tribunal à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé par le premier incident de paiement non régularisé.
L’article L213-4-5 du code de l’organisation judiciaire dispose par ailleurs que le juge des contentieux de la protection connaît des actions relatives à l’application du chapitre II du titre Ier du livre III du code de la consommation.
Les actions en paiement engagées devant lui à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion.
Aux termes de l’article R 632- 1 du code de la consommation, le juge peut soulever d’office toutes les dispositions du présent code dans les litiges nés de son application.
Il résulte de l’historique du compte versé aux débats par la demanderesse que le premier impayé non régularisé est intervenu le 12 avril 2023. .
La procédure a été introduite par la demanderesse le 4 juin 2024.
Le délai de deux ans préalablement visé ayant été respecté, l’action de la demanderesse est recevable.
B/ Sur le bien-fondé de l’action de l’établissement de crédit
Les articles 1103 et 1104 du code civil disposent que les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits et doivent être exécutés de bonne foi.
Les articles 1217 et suivants du même code prévoient par ailleurs que « lorsque l’emprunteur cesse de verser les mensualités stipulées, le prêteur est en droit de se prévaloir de la déchéance du terme et de demander le remboursement des fonds avancés ».
Il appartient toutefois au créancier qui réclame des sommes au titre d’un crédit à la consommation de justifier de la régularité de l’opération, en produisant spontanément les documents nécessaires, et notamment, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 1er juillet 2010 :
l’offre de contrat établie par écrit ou sur un autre support durable accompagnée d’un formulaire détachable permettant l’exercice du droit de rétractation comme le prévoit l’article L 312-21 du code de la consommation, le double de la fiche d’information précontractuelle prévue par l’article L 312-12 du code de la consommationune fiche d’information sur sa situation patrimoniale et personnelle dite fiche de dialogue remise à l’emprunteur comme le prévoit les dispositions de l’article L 312-17 du code de la consommation dès lors que le contrat de crédit est conclu à distance ou sur un lieu de vente,la copie des pièces justificatives (identité, domicile et revenu) exigées par l’article D 3128 du Code de la consommation, s’agissant d’une opération supérieure à 3.000 euros ; la preuve de l’exécution du respect de l’obligation de vérifier la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations conformément aux dispositions de l’article L 312-16 du code de la consommation,le double de la notice d’assurance en application des dispositions de l’article L312-29 du code de la consommation dans sa version applicable au présent litige,s’agissant d’un prêt dont le taux d’intérêt est fixe, un échéancier des amortissements détaillant pour chaque échéance la répartition du remboursement entre le capital et les intérêts (tableau d’amortissement) en application des dispositions de l’article L 312-8 ancien du code de la consommation devenu L 313-25; à défaut le prêteur ou le bailleur peut être déchu du droit aux intérêts, en totalité ou dans la proportion fixée par le juge conformément aux dispositions de l’article L 312-33 devenu L 341-34 du code de la consommation, le justificatif de la consultation du fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, (FICP), qui doit intervenir préalablement à la conclusion du contrat initial en application des dispositions de l’article L 312-16 précité.
La SA FRANFINANCE justifie avoir rempli ses obligations précontractuelles.
Conformément aux dispositions de l’article L 312-36 du code de la consommation, le prêteur est tenu par ailleurs de justifier d’avoir avisé l’emprunteur dès le premier manquement de ce dernier à son obligation de rembourser, des risques qu’il encourt au titre des articles L312-39 et L312-40 ainsi que, le cas échéant, au titre de l’article L141-3 du code des assurances.
Par ailleurs, « si le contrat de prêt d’une somme d’argent peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans la délivrance d’une mise en demeure restée sans effet, précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle ».
En effet, l’article L312-36, qui considère que le premier incident ne mérite qu’un recadrage, rend par suite illégale toute clause de déchéance automatique.
L’article 1225 du code civil, applicable depuis le 1er octobre 2016, dispose par ailleurs que "la clause résolutoire précise les engagements dont l’inexécution entraînera la résolution du contrat. La résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s’il n’a pas été convenu que celle–ci résulterait du seul fait de l’inexécution. La mise en demeure ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire".
La demanderesse justifie de l’accomplissement de ces formalités en versant aux débats les pièces sollicitées et notamment les documents suivants :
le décompte détaillé de sa créance la lettre recommandée notifiée à l’emprunteuse l’informant de l’existence d’un impayé s’élevant à la somme de 259,56 euros et des modalités dont elle dispose pour faire obstacle au prononcé de la déchéance du contrat de prêt,la lettre RAR adressée le 18 octobre 2023 par le commissaire de justice instrumentaire à l’emprunteuse, lui notifiant la survenance de la déchéance du terme du contrat de prêt, sans toutefois que la lettre recommandée que la banque indiqué avoir adressée à l’emprunteuse en ce sens le 11 août 2023 ne soit produite aux débats. En l’état de l’acte d’huissier, corroboré par l’historique du prêt, il sera considéré que la déchéance du terme a bien été prononcée.
En conséquence, il convient de faire droit à la demande de la SA FRANFINANCE et de condamner madame [J] [L] à lui verser au principal la somme de 259,56 euros au titre des échéances impayées et 2.366,07 euros au titre du solde du prêt n°11199013316 à la date du 11 août 2023, somme assortie des intérêts au taux conventionnel de 19,11 % l’an à compter du 11 août 2023.
Il sera également fait droit à la demande de la banque tendant à la condamnation de madame [J] [L] au paiement de la somme de 197,65 euros au titre de l’indemnité légale de 8 %.
II/ SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
A/ Sur l’article 700 du code de procédure civile et les dépens
Madame [J] [L] succombant, il convient de la condamner aux entiers dépens conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile, ainsi qu’à verser à la demanderesse la somme de 400 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
B/ Sur l’exécution provisoire
La présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire en application des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile, auxquelles il n’y a pas lieu de déroger.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des contentieux de la protection, statuant par mise à disposition au Greffe, par décision rendue par défaut, et en dernier ressort,
DECLARE l’action de la SA FRANFINANCE recevable,
CONDAMNE madame [J] [L] à verser à la SA FRANFINANCE au principal les sommes de :
— 259,56 euros au titre des échéances impayées
— 2.366,07 euros au titre du solde du prêt n°11199013316 à la date du 11 août 2023,
DIT que ces sommes seront assorties des intérêts au taux conventionnel de 19,11 % l’an à compter du 11 août 2023,
CONDAMNE madame [J] [L] à payer à la SA FRANFINANCE la somme de 197,65 euros au titre de l’indemnité légale de 8 % ;
CONDAMNE madame [J] [L] au paiement de la somme de 400 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
DEBOUTE la demanderesse pour le surplus,
CONDAMNE madame [J] [L], aux entiers dépens de la procédure,
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire,
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition au Greffe.
Le Greffier Le Juge des Contentieux de la Protection
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