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Sur la décision
| Référence : | TJ Marseille, 2e ch. cab2, 16 déc. 2024, n° 23/07969 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 23/07969 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 21 décembre 2024 |
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Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | C/Compagnie d'assurance GENERALI IARD c/ CPAM DES BOUCHES |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE MARSEILLE
DEUXIEME CHAMBRE CIVILE
JUGEMENT N°
Enrôlement : N° RG 23/07969 – N° Portalis DBW3-W-B7H-3VBG
AFFAIRE : M. [G] [Z] (Me Fabrice ANDRAC)
C/ Compagnie d’assurance GENERALI IARD
(Me Mathilde CHADEYRON)
— CPAM DES BOUCHES DU RHONE ( )
DÉBATS : A l’audience Publique du 02 Décembre 2024
COMPOSITION DU TRIBUNAL lors des débats et du délibéré
Président : Madame Slavica BIMBOT, Juge placée à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence déléguée comme juge non spécialisée au Tribunal judiciaire de Marseille par ordonnance de délégation du Premier Président de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence en date du 3 juillet 2024
Greffier : Madame Célia SANDJIVY, lors des débats
A l’issue de laquelle, la date du délibéré a été fixée au : 16 Décembre 2024
Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aura lieu par mise à disposition au greffe le 16 Décembre 2024
PRONONCE par mise à disposition le 16 Décembre 2024
Par Madame Slavica BIMBOT, Juge placée à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence déléguée comme juge non spécialisée au Tribunal judiciaire de Marseille par ordonnance de délégation du Premier Président de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence en date du 3 juillet 2024
Assistée de Madame Célia SANDJIVY, Greffier
NATURE DU JUGEMENT
réputée contradictoire et en premier ressort
NOM DES PARTIES
DEMANDEUR
Monsieur [G] [Z]
né le [Date naissance 3] 1992 à [Localité 7], demeurant [Adresse 5]
Immatriculé à la sécurité sociale sous le n° [Numéro identifiant 1]
représenté par Me Fabrice ANDRAC, avocat au barreau de MARSEILLE
C O N T R E
DEFENDERESSES
Compagnie d’assurance GENERALI, dont le siège social est sis [Adresse 6], prise en da délégation sis [Adresse 2] prise en la personne de son représentant légal en exercice
représentée par Maître Mathilde CHADEYRON de la SELARL ABEILLE & ASSOCIES, avocats au barreau d’AIX-EN-PROVENCE
CPAM DES BOUCHES DU RHONE, dont le siège social est sis [Adresse 4], prise en la personne de son représentant légal en exercice
défaillant
EXPOSE DU LITIGE
Le 13 janvier 2020, Monsieur [G] [Z], né le [Date naissance 3] 1992, a été victime d’un accident de la circulation dans lequel est impliqué un véhicule assuré auprès de la compagnie d’assurance GENERALI IARD.
Par ordonnance en date du 23 septembre 2020, le juge des référés a ordonné une expertise médicale, a désigné le docteur [K] épouse [N] afin de la réaliser et a alloué à Monsieur [G] [Z] une provision de 1 600 euros.
L’expert a procédé à sa mission et a déposé son rapport le 15 mars 2023.
Par actes d’huissier délivrés les 06 et 19 juillet 2023, Monsieur [G] [Z] a assigné la compagnie d’assurance GENERALI IARD pour qu’elle soit condamnée à réparer, sur le fondement de la loi du 05 juillet 1985, le préjudice subi à la suite de l’accident de la circulation précité, ainsi que la caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Aux termes de son assignation, à laquelle il y a lieu de se reporter pour l’exposé intégral de ses demandes et moyens, Monsieur [G] [Z] sollicite que lui soient accordées, en réparation de son préjudice corporel, les sommes suivantes :
I) Préjudices Patrimoniaux
I-A) Préjudices patrimoniaux temporaires
— Frais divers…………………………………………………………………………………………………540 euros
II) Préjudices extra-patrimoniaux
II-A) Préjudices extra-patrimoniaux temporaires
— Déficit fonctionnel temporaire partiel à 25 % 113 euros
— Déficit fonctionnel temporaire partiel à 10 % 504 euros
— Souffrances endurées 4 200 euros
II-B) Préjudices extra-patrimoniaux permanents
— Déficit fonctionnel permanent 1 960 euros
SOIT AU TOTAL 7 317 euros
dont il convient de déduire la somme de 1 600 euros, déjà versée à titre de provision.
Monsieur [G] [Z] demande en outre au tribunal de :
— déclarer la décision opposable à l’organisme social appelé en la cause afin de faire valoir sa créance,
— condamner la compagnie d’assurance GENERALI IARD au paiement de la somme de 1 500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Par conclusions notifiées le 15 septembre 2023, auxquels il y a lieu de se reporter pour l’exposé intégral de ses demandes et moyens, la compagnie d’assurance GENERALI IARD ne conteste pas le droit à indemnisation de Monsieur [G] [Z] mais sollicite :
— s’en rapporte s’agissant des frais d’assistance à expertise,
— la réduction des autres prétentions émises,
— la déduction des sommes allouées à titre provisionnel et de la créance de la CPAM des Bouches-du-Rhône,
— l’exclusion de l’exécution provisoire ou subsidiairement, la subordonner à la constitution d’une garantie,
— la prise en charge des dépens par le demandeur.
L’ordonnance de clôture est intervenue le 22 janvier 2024.
L’affaire a été appelée à l’audience du 02 décembre 2024 et mise en délibéré au 16 décembre 2024.
L’organisme social bien que régulièrement mis en cause ne comparaît pas et n’a pas fait connaître le montant de ses débours. La présente décision sera réputée contradictoire à l’égard de toutes les parties, conformément aux dispositions de l’article 474 du code de procédure civile.
MOTIVATION DE LA DECISION
Sur le droit à indemnisation
Il convient de donner acte à la compagnie d’assurance GENERALI IARD qu’elle ne conteste pas devoir indemniser Monsieur [G] [Z] des conséquences dommageables de l’accident du 13 janvier 2020.
Sur le montant de l’indemnisation
Aux termes non contestés du rapport d’expertise, l’accident a entraîné pour la victime, les conséquences médico-légales suivantes :
— un arrêt temporaire des activités professionnelles du 13 janvier 2020 au 17 janvier 2020, soit 5 jours,
— un déficit fonctionnel temporaire partiel à 25 % du 13 janvier 2020 au 28 janvier 2020, soit 15 jours,
— un déficit fonctionnel temporaire partiel à 10 % du 29 janvier 2020 au 13 juillet 2020, soit 168 jours,
— une consolidation au 13 juillet 2020,
— une atteinte à l’intégrité physique et psychique de 1 %,
— des souffrances endurées qualifiées de 2/7,
— l’absence de tout autre préjudice.
Sur la base de ce rapport, contre lequel aucune critique médicalement fondée n’est formée, et compte tenu des conclusions et des pièces produites, le préjudice corporel de Monsieur [G] [Z] compte tenu de son âge au moment de sa consolidation, doit être évalué ainsi qu’il suit.
Les Préjudices Patrimoniaux :
Les Préjudices Patrimoniaux Temporaires :
Les dépenses de santé actuelles :
Les dépenses de santé sont les frais médicaux et pharmaceutiques, non seulement les frais restés à la charge effective de la victime, mais aussi les frais payés par des tiers (sécurité sociale, mutuelle…), les frais d’hospitalisation et tous les frais paramédicaux (infirmiers, kinésithérapie, etc.).
En l’espèce, Monsieur [G] [Z] ne formule aucune prétention de ce chef.
S’agissant des organismes sociaux, la créance éventuelle de la CPAM demeure inconnue et ne pourra être fixée au dispositif de la présente décision, qui lui est pour autant commune et opposable en qualité de partie régulièrement assignée.
Les frais divers :
Les frais divers sont représentés par les honoraires d’assistance à l’expertise du médecin conseil, soit 540 euros, au vu des éléments produits.
Ces honoraires correspondent à des démarches nécessaires à l’assistance de Monsieur [G] [Z] à l’expertise et leur coût, qui ne peut être strictement comparé à celui taxé dans le cadre d’une expertise judiciaire, n’est pas excessif eu égard aux tarifs habituellement pratiqués. Ces dépenses supportées par la victime, nées directement et exclusivement de l’accident, sont par la même indemnisables, sans que Monsieur [G] [Z] ait à justifier de l’absence de possibilité de prise en charge par l’assureur du véhicule dans lequel il circulait au moment de l’accident.
Ces frais exposés par la victime pour se faire assister d’un médecin lors des opérations d’expertise sont nécessaires à la préservation de ses droits. En effet, le débat présentant un caractère scientifique il paraît légitime qu’elle s’entoure d’un conseil technique au même titre que la compagnie d’assurances et ce dans le respect du principe du contradictoire. La réparation du préjudice subi par la victime doit être intégrale et la dépense correspondant aux honoraires du médecin conseil de la victime, non prise en charge par l’organisme social, qui a été supportée par la victime, est née directement et exclusivement de l’accident : elle est par là même indemnisable par l’assureur du conducteur ou du gardien du véhicule impliqué.
Les Préjudices Extra Patrimoniaux :
Les Préjudices Extra-Patrimoniaux Temporaires :
Le déficit fonctionnel temporaire :
Ce poste de préjudice cherche à indemniser l’incapacité fonctionnelle totale ou partielle que subit la victime jusqu’à sa consolidation et correspond à une perte de qualité de vie et des joies usuelles de la vie courante incluant le préjudice d’agrément temporaire pendant cette période.
L’expert retient les éléments suivants :
— un déficit fonctionnel temporaire partiel à 25 % du 13 janvier 2020 au 28 janvier 2020, soit 15 jours,
— un déficit fonctionnel temporaire partiel à 10 % du 29 janvier 2020 au 13 juillet 2020, soit 168 jours.
Compte tenu de la nature des lésions subies par Monsieur [G] [Z] et de la gêne qu’elles ont entraînée sur sa vie quotidienne, et notamment l’immobilisation par collier cervical, le traitement médicamenteux, ainsi que les séances de massages et rééducation prescrites, il y a lieu d’indemniser ce poste de préjudice sur la base de 900 euros par mois (montants arrondis) et de lui octroyer les sommes suivantes :
— déficit fonctionnel temporaire partiel à 25 % : 112,50 euros
— déficit fonctionnel temporaire partiel à 10 % : 504 euros
Total 616,50 euros
Les souffrances endurées :
Il s’agit de toutes les souffrances physiques et psychiques, ainsi que des troubles associés, que doit endurer la victime durant la maladie traumatique, c’est-à-dire du jour de l’accident à celui de sa consolidation. A compter de la consolidation, les souffrances endurées vont relever du déficit fonctionnel permanent et seront donc indemnisées à ce titre.
En l’espèce, elles sont notamment caractérisées par les douleurs physiques en lien avec le traumatisme du rachis cervical ayant nécessité les soins susmentionnés.
Fixées par l’expert à 2/7, les souffrances endurées seront indemnisées par le versement de la somme de 4 000 euros.
Les Préjudices Extra-Patrimoniaux Permanents :
Le déficit fonctionnel permanent :
Ce poste de préjudice cherche à indemniser le préjudice extra-patrimonial découlant de l’incapacité médicalement constatée et à réparer ses incidences touchant exclusivement la sphère personnelle de la victime, soit non seulement les atteintes aux fonctions physiologiques de celle-ci mais aussi la douleur permanente qu’elle ressent, la perte de la qualité de vie et les troubles dans ses conditions d’existence après consolidation.
Compte tenu des séquelles conservées par la victime, il a été estimé par l’expert à 1 %. Etant âgée de 28 ans lors de la consolidation de son état, il y a donc lieu de l’indemniser par l’allocation de la somme de 1 960 euros (1 960 euros le point).
RÉCAPITULATIF
— frais divers 540 euros
— déficit fonctionnel temporaire 616,50 euros
— souffrances endurées 4 000 euros
— déficit fonctionnel permanent 1 960 euros
TOTAL 7 116,50 euros
PROVISION A DÉDUIRE 1 600 euros
RESTE DU 5 516,50 euros
La compagnie d’assurance GENERALI IARD sera condamnée à indemniser Monsieur [G] [Z] à hauteur de ce montant en réparation de son préjudice corporel consécutif à l’accident du 13 janvier 2020, après déduction de la provision.
En application de l’article 1231-7 du code civil, cette somme portera intérêts au taux légal à compter du prononcé du jugement.
Sur les demandes accessoires
Conformément à l’article 696 du code de procédure civile, la compagnie d’assurance GENERALI IARD, partie succombante, sera condamnée aux entiers dépens de la présente procédure.
Monsieur [G] [Z] ayant exposé des frais pour obtenir la reconnaissance de ses droits, il est équitable de condamner la compagnie d’assurance GENERALI IARD à lui payer la somme de 1 300 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile.
L’article 514 du code de procédure civile, dans sa rédaction issue de l’article 3 du décret n°2019-1333 du 11 décembre 2019 applicable aux instances introduites après le 1er janvier 2020 prévoit que les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision n’en dispose autrement. Il n’y a pas lieu en l’espèce d’écarter l’exécution provisoire de droit, compte-tenu de l’ancienneté du litige, ni de la subordonner à la constitution d’une garantie, fut-elle réelle ou personnelle.
PAR CES MOTIFS
LE TRIBUNAL,
Statuant par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire, en matière civile ordinaire, en premier ressort, après en avoir délibéré conformément à la loi ;
DONNE ACTE à la SA GENERALI IARD qu’elle ne conteste pas devoir indemniser Monsieur [G] [Z] des conséquences dommageables de l’accident du 13 janvier 2020 ;
EVALUE le préjudice corporel de Monsieur [G] [Z], hors débours de la CPAM des Bouches du Rhône, à la somme de 7 116,50 euros, répartie de la manière suivante :
— frais divers 540 euros
— déficit fonctionnel temporaire 616,5 euros
— souffrances endurées 4 000 euros
— déficit fonctionnel permanent 1 960 euros
EN CONSÉQUENCE :
CONDAMNE la SA GENERALI IARD à payer avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement à Monsieur [G] [Z] la somme de 7 116,50 euros en réparation de son préjudice corporel ;
DIT que la provision de 1 600 euros déjà versée viendra en déduction des sommes ainsi allouées ;
DECLARE le présent jugement commun et opposable à la CPAM des Bouches du Rhône ;
CONDAMNE la SA GENERALI IARD à payer à Monsieur [G] [Z] la somme de 1 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE la SA GENERALI IARD aux entiers dépens ;
DIT qu’il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire de droit de la présente décision ;
DIT n’y avoir lieu à la constitution d’une garantie ;
AINSI JUGE ET PRONONCE PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE DE LA DEUXIÈME CHAMBRE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE LE SEIZE DECEMBRE DEUX MILLE VINGT-QUATRE
LE GREFFIER LE PRESIDENT
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