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Sur la décision
| Référence : | TJ Lille, réf. expertises, 16 sept. 2025, n° 25/01060 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/01060 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Désigne un expert ou un autre technicien |
| Date de dernière mise à jour : | 7 novembre 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Parties : | CENTRE D' IMAGERIE MEDICALE DE L' AGGLOMERATION LILLOISE, S.A. L' EQUITE ès qualité d'assureur du Docteur [ S ], CPAM DE [ Localité 16 ] [ Localité 15 ] |
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
— o-o-o-o-o-o-o-o-o-
Référés expertises
N° RG 25/01060 – N° Portalis DBZS-W-B7J-ZVQP
SL/ST
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
DU 16 SEPTEMBRE 2025
DEMANDERESSE :
Mme [P] [J]
[Adresse 6]
[Localité 8]
représentée par Me Anne-Sophie GARCIA-MORA, avocat au barreau de LILLE
DÉFENDEURS :
M. [O] [U]
Hôpital [18]
[Adresse 11]
[Localité 7]
représentée par Me Noémie CALESSE, avocat au barreau de LILLE, postulant et Me Emmanuelle KRYMKIER d’ESTIENNE, avocat au barreau de PARIS, plaidant
M. [B] [S]
CENTRE D’IMAGERIE MEDICALE DE L’AGGLOMERATION LILLOISE
[Adresse 3]
[Localité 10]
décédé le [Date décès 13] 2023
M. [K] [C]
[Adresse 5]
[Localité 7]
représenté par Me Juliette DELCROIX, avocat au barreau de LILLE
ONIAM
[Adresse 20]
[Localité 14]
représentée par Me Nicolas DELEGOVE, avocat au barreau de LILLE, postulant et Me Pierre RAVAUT, avocat au barreau de BORDEAUX, plaidant
CPAM DE [Localité 16] [Localité 15]
[Adresse 1]
[Localité 9]
non comparante
INTERVENANT VOLONTAIRE :
S.A. L’EQUITE ès qualité d’assureur du Docteur [S]
[Adresse 4] à [Adresse 17]
représentée par Me Noémie CALESSE, avocat au barreau de LILLE, postulant et Me Emmanuelle KRYMKIER d’ESTIENNE, avocat au barreau de PARIS, plaidant
JUGE DES RÉFÉRÉS : Samuel TILLIE, Premier Vice-Président adjoint, suppléant le président en vertu des articles R. 212-4 et R. 212-5 du code de l’organisation judiciaire
GREFFIER : Martine FLAMENT lors des débats et Sébastien LESAGE lors de la mise à disposition
DÉBATS à l’audience publique du 26 Août 2025
ORDONNANCE du 16 Septembre 2025
LE JUGE DES RÉFÉRÉS
Après avoir entendu les parties comparantes ou leur conseil et avoir mis l’affaire en délibéré, a statué en ces termes :
En 2003, Mme [P] [J] a été opérée d’un spondylolisthésis affectant les vertèbres L5-S1 par le Dr [Y] [G], neurochirurgien, qui a effectué une arthrodèse circonférentielle L5-S1 suivize d’une rééducation au Centre l’Espoir à [Localité 16]-Hellemmes.
Au cours de l’année 2017, durant sa grossesse, Mme [J] a indiqué ressentir une aggravation des lombalgies. Au cours d’un suivi dans le cadre d’un programme de rééducation en 2018, Mme [J] s’est plainte de la persistance des douleurs.
Le 18 février 2021, Mme [J] a consulté le Dr [K] [C], neurochirurgien, qui a lui a prescrit des radiographies et une IRM. Le 24 février 2021, le Dr [C] a relevé que l’IRM retrouve des hypersignaux importants des plateaux vertébraux et une majoration très nette du listhésis vertébral qui passe du grade 3 au grade 4.
Le 20 avril 2021, le Dr [C] a procédé à une correction d’une déformation en cyphose L4-L5 par lombotomie. Le 23 avril 2021, le Dr [C] a réalisé une laminectomie Lombaire L4-L5, une ablation de matériel ancien et une ostéosynthèse L3-S1. Mme [J] est restée hospitalisée à l’Hôpital privé le bois du 20 avril 2021 au 28 avril 2021.
Le 29 avril 2021, le Dr [C] a indiqué que l’intervention a permis une correction satisfaisante en double abord pour optimiser la lordose et la correction du listhésis qui était majeur, que les radiographies de contrôle sont satisfaisantes montrant un matériel bien en place et une courbure rachidienne correctement restaurée
Le 13 août 2021, Mme [J] a passé un scanner du rachis lombaire, interprété par le Dr [F] [A]. Ce dernier a conclu à des stigmates d’arthrodèse étendue de L3 à S1 avec matériel d’arthrodèse en place, sans argument TDM pour une malposition, un déplacement secondaire ou une fracture du matériel.
Mme [J] a effectué un nouveau séjour au Centre l’Espoir du 4 octobre 2021 au 5 novembre 2021.
Le 24 mai 2022, Mme [J] a passé une radiographie du rachis lambo-sacré par lequel le Dr [O] [U] a conclu à une déviation scoliotique thoracolombaire à convexité droite, que le matériel d’arthrodèse est en place ainsi que le matériel intersomatique L4-L5 et L5-S1 et que l’aspect radiographique est inchangé comparativement au dernier bilan réalisé.
Le 1er septembre 2022, Mme [J] a passé une radiographie du rachis thoracolombaire, interprété par le Dr [U] qui a relevé que le matériel d’arthrodèse est en place de même que le matériel intersomatique L4-L5 et L5-S1 et discret antélisthésis seul de L5 sur S1.
Le 28 septembre 2022, Mme [J] a passé un scanner par lequel Le Dr [B] [S] indiquait qu’il n’y a pas modification apparente des rapports os/matériel au niveau de l’ostéosynthèse postérieure, qu’il n’y avait pas d’image de débricolage et le matériel de fusion intersomatique en L4-L5 et L5-S1 est en place avec une fusion qui paraît satisfaisante.
Le 5 septembre 2023, Mme [J] a de nouveau passé une radiographie de rachis lambo-sacré, interprété par le Dr [X] [N] qui a conclu à une fracture des vis transpédiculaires de S1 avec matériel intersomatique L5-S1 qui déborde largement en arrière du coin postéro-inférieur de L5.
Le 8 septembre 2023, Mme [J] a consulté le Dr [C] qui a relevé une fracture bilatérale des vis sacrées avec une pseudarthrodèse.
Le 10 octobre 2023, Mme [J] a été opérée par le Dr [C] qui a effectué une correction de déformation sévère de la jonction lombosacrée dans le cadre d’une fracture de matériel.
Le 12 octobre 2023, le Dr [C] a indiqué que l’intervention a permis le repositionnement du matériel au niveau du sacrum et de l’aileron sacré sous contrôle de la neuronavigation. Les réductions ont pu être obtenues ainsi qu’une remise en place d’arthrodèse au niveau de l’aileron et des gouttières transversaires.
Par actes séparés délivrés les 24 juin 2025 et 2 au 4 juillet 2025, Mme [J] a fait assigner devant le juge des référés de ce tribunal, M. [U], M. [S], M. [C], l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ci-après ONIAM) et la Caisse primaire d’assurance maladie (ci-après CPAM) de Lille-Douai aux fins notamment d’obtenir la désignation d’un expert judiciaire et de rendre communes à la CPAM les opérations d’expertise.
L’affaire a été appelée à l’audience le 26 août 2025 où elle a été retenue.
A cette date, Mme [J] représentée, sollicite le bénéfice de son acte introductif d’instance.
Conformément à leurs conclusions notifiées par voie électronique le 13 août 2025, M. [U] et la S.A. L’Equité, représentés par leur avocat, demandent notamment de :
— constater l’extinction de la procédure à l’égard du Dr [S] du fait de son décès,
— donner acte à la société l’Equité de son intervention volontaire en tant qu’assureur responsabilité civile professionnelle du Dr [S] (décédé),
— leur donner acte de leurs protestations et réserves sur la demande d’expertise judiciaire,
— désigner un collège d’experts en radiologie et neurochirurgie,
— fixer la mission expertale comme suggérée dans leurs conclusions,
— statuer ce que de droit quant aux dépens.
Reprenant le détail de ses conclusions notifiées par voie électronique le 22 août 2025, M. [C], représenté par son avocat, demande notamment de lui donner acte de ses protestations et réserves.
Représenté, soutenant ses conclusions notifiées par voie électronique le 17 juillet 2025, l’ONIAM demande notamment de lui donner acte de ses protestations et réserves.
Régulièrement citée, la CPAM de [Localité 16]-[Localité 15] n’a pas constitué avocat.
Selon les éléments figurant dans le procès-verbal dressé par le commissaire de justice le 2 juillet 2025, [B] [S] est décédé le [Date décès 13] 2023.
Au visa de l’article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé aux écritures précitées pour plus de précisions.
L’ordonnance a été mise en délibéré pour être prononcée par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2025.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la non-comparution du défendeur et l’office du juge
L’article 472 du code de procédure civile énonce que « si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond » et que « le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée ».
L’article 473 du même code dispose que « lorsque le défendeur ne comparaît pas, le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et si la citation n’a pas été délivrée à personne. Le jugement est réputé contradictoire lorsque la décision est susceptible d’appel ou lorsque la citation a été délivrée à la personne du défendeur ».
En l’espèce, il convient donc de statuer dans les conditions de l’article 472 par décision réputée contradictoire conformément à l’article 473.
Sur l’intervention volontaire
La société L’Equité indique être l’assureur du Dr [S] décédé et intervenir volontairement.
En application des dispositions des articles 66, 325 et suivants du code de procédure civile, dont les conditions sont remplies, il convient de déclarer recevable son intervention volontaire compte tenu de l’intérêt qu’elle justifie de participer à la présente instance.
Concernant l’assignation visant une personne défunte
L’article 117 du code de procédure civile dispose notamment que constitue une irrégularité de fond affectant la validité de l’acte : le défaut de capacité d’ester en justice ; le défaut de pouvoir d’une partie ou d’une personne figurant au procès comme représentant soit d’une personne morale, soit d’une personne atteinte d’une incapacité d’exercice ; le défaut de capacité ou de pouvoir d’une personne assurant la représentation d’une partie en justice.
L’assignation délivrée contre une personne décédée est atteinte d’une nullité insusceptible de régularisation.
En l’espèce, le décès de M. [S] est intervenu le [Date décès 13] 2023.
Dès lors, il convient de déclarer nulle l’assignation délivrée contre lui le 2 juillet 2025.
Sur la demande d’expertise
Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé. Justifie d’un motif légitime au sens de ce texte la partie qui démontre la probabilité de faits susceptibles d’être invoqués dans un litige éventuel.
En l’espèce, les pièces produites par la demanderesse, notamment le compte-rendu opératoire, correspondances médicales et la copie du dossier médical, rendent vraisemblable l’existence des difficultés de santé qu’elle invoque. Il y a donc lieu de considérer que Mme [J] justifie d’un motif légitime pour obtenir la désignation d’un expert en vue d’établir, avant tout procès, la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution du litige.
Dans ces conditions il sera fait droit à la mesure d’instruction sollicitée, laquelle ne porte pas préjudice aux droits et obligations dont les parties sont titulaires dans le cadre d’un futur procès.
La mission de l’expert, qu’il appartient au juge de déterminer, conformément aux dispositions de l’article 265 du code de procédure civile, sera définie au dispositif de la présente ordonnance.
Sur les dépens
L’article 491 du code de procédure civile fait obligation au juge des référés de statuer sur les dépens. Une demande tendant à voir réservé le sort des dépens ne peut donc prospérer.
Mme [J] à la demande et dans l’intérêt de laquelle est ordonnée la mesure d’expertise, en avancera les frais et supportera les dépens de la présente instance.
Sur l’exécution provisoire
La présente décision, susceptible d’appel, est exécutoire par provision, en application des dispositions des articles 484, 514 et 514-1, alinéa 3, du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Statuant par ordonnance de référé, par mise à disposition au greffe, après débats en audience publique, par décision réputée contradictoire et en premier ressort ;
Déclare nulle l’assignation délivrée contre [B] [S], décédé le [Date décès 13] 2023 ;
Reçoit l’intervention volontaire de la S.A. L’Equité ;
Ordonne une mesure d’expertise et désigne pour y procéder :
Monsieur le Dr [D] [T]
Centre hospitalier universitaire de [Localité 19] – Service neurologie
[Localité 12]
expert, inscrit sur la liste de la cour d’appel de [Localité 19], lequel s’adjoindra si nécessaire tout sapiteur mais exclusivement dans une spécialité distincte de la sienne ;
Fixe la mission de l’expert commis comme suit :
1° – convoquer les parties ou leur conseil en les informant de la faculté de se faire assister par le médecin-conseil de leur choix et de toute personne de leur choix, étant précisé que l’expert procédera seul, en présence des médecins conseils, avec l’assentiment de Mme [P] [J], à son examen clinique en assurant la protection de l’intimité de sa vie privée et le secret médical pour des constatations étrangères à l’expertise ;
2°- déterminer l’état de santé de Mme [P] [J] avant les soins en cause prodigués (anomalies, maladies, séquelles d’accidents antérieurs) ;
3°- relater les constatations médicales faites après l’événement ainsi que l’ensemble des interventions et soins, y compris la rééducation ;
4°- examiner Mme [P] [J] enregistrer ses doléances et décrire les constatations ainsi faites ;
5°- déterminer compte tenu des lésions initiales et de leur évolution la durée de l’incapacité temporaire en indiquant si elle a été totale ou partielle, en ce cas en préciser le taux, et proposer la date de consolidation de ces lésions ;
6°- décrire les gestes mouvements et actes rendus difficiles ou impossibles en raison de l’accident ;
donner un avis sur le taux de déficit fonctionnel médicalement imputable à l’accident ; Estimer le taux de déficit fonctionnel global actuel du patient, tous éléments confondus (état antérieur inclus) ; si un barème a été utilisé préciser lequel, ainsi que les raisons de son choix ; préciser la nature et le coût des soins en moyenne annuelle susceptible de rester à la charge de la victime ;
7°- dire si les actes réalisés notamment dans l’établissement du diagnostic, dans le choix de la thérapie, dans la délivrance de l’information, dans la réalisation des actes et des soins, dans la surveillance, ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science à l’époque où ils ont été réalisés ;
8°- dire si les préjudices subis sont directement imputables à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins et lequel ;
9°- dire qu’elles sont les causes possibles de ce dommage et rechercher si d’autres pathologies ont pu interférer sur les événements à l’origine de la présente expertise et expliquer en quoi elles ont pu interférer ; dire quel a été le rôle de la pathologie initiale ;
10°- dire si le dommage survenu et ses conséquences étaient probables, attendus et redoutés ou s’il s’agit de conséquence anormales, non pas au regard du résultat attendu de l’intervention, mais au regard de l’état de santé de la personne, de l’évolution prévisible de cet état, de la fréquence de réalisation du risque constaté; évaluer le taux de risque qui s’est le cas échéant réalisé; déterminer les conséquences probables de la pathologie présentée en l’absence de traitement; en cas de pluralité d’événements à l’origine du dommage, dire quelle a été l’incidence de chacun dans sa réalisation ;
11° – dire s’il s’agit d’une perte de chance, préciser dans quelles proportions en pourcentage, celle-ci est à l’origine de l’état de santé actuel de Mme [P] [J] ; préciser s’il s’agit en l’espèce de la réalisation d’un aléa thérapeutique, à savoir un risque accidentel inhérent à l’acte médical et qui ne pouvait être maîtrisé ;
12°- Donner un avis détaillé sur la difficulté ou l’impossibilité pour Mme [P] [J] de poursuivre l’exercice de sa profession ou d’opérer une reconversion ;
13°- Donner un avis sur l’importance des souffrances physiques et des atteintes esthétiques, supportées par Mme [P] [J] ;
14°- Dire s’il existe un préjudice d’agrément, et notamment une atteinte aux conditions d’existence dans la vie quotidienne, en précisant la difficulté ou l’impossibilité du patient de continuer à s’adonner aux sports et activités de loisirs ;
15° – Fournir tous éléments utiles à l’appréciation par la juridiction des enjeux médicaux et de responsabilités évoqués lors des opérations d’expertise judiciaire ;
Dit que, pour exécuter la mission, l’expert sera saisi et procédera conformément aux dispositions des articles 232 à 248, 263 à 284-1 du code de procédure civile ;
Dit que l’exécution de l’expertise est placée sous le contrôle du juge spécialement désigné à cette fin, en application des articles 155 et 155-1 de ce code ; que toute correspondance émanant des parties, de leurs conseils, de l’expert devra être adressée au juge chargé du contrôle de l’exécution de l’expertise, service du contrôle des expertises ;
1. Les pièces
Enjoins aux parties de remettre à l’expert :
— le demandeur, immédiatement toutes pièces médicales ou paramédicales utiles à l’accomplissement de la mission, en particulier les certificats médicaux, certificats de consolidation, documents d’imagerie médicale, comptes-rendus opératoires et d’examen, expertises ;
— les défendeurs aussitôt que possible et au plus tard 8 jours avant la première réunion, les documents, renseignements, réclamations indispensables au bon déroulement des opérations, sans que les règles du secret médical ne puissent leur être opposées ;
Dit qu’à défaut d’obtenir la remise des pièces qui lui sont nécessaires l’expert pourra être autorisé par le juge charge du contrôle des expertises à déposer son rapport en l’état ; Que toutefois il pourra se faire communiquer directement, par tous tiers : médecins, personnels paramédicaux, établissements hospitaliers et de soins, toutes pièces médicales qui ne lui auraient pas été transmises par les parties et dont la production lui paraîtra nécessaire ;
Dit que l’expert s’assurera, à chaque réunion d’expertise, de la communication aux parties des pièces qui lui sont remises, dans un délai permettant leur étude, conformément au principe de la contradiction ; que les documents d’imagerie médicale pertinents seront analysées de façon contradictoire lors des réunions d’expertise ; Que les pièces seront numérotées en continu et accompagnées d’un bordereau récapitulatif ;
2. La convocation des parties
Dit que l’expert devra convoquer toutes les parties par lettre recommandée avec accusé de réception et leur avocat par lettre simple, les avisant de la faculté qu’elles ont de se faire assister par le médecin-conseil de leur choix ;
3. Le déroulement de l’examen clinique
Dit que l’expert procédera à l’examen clinique, en assurant la protection de l’intimité de la vie privée de la personne examinée et le secret médical pour des constatations étrangères a l’expertise ; qu’à l’issue de cet examen, en application du principe du contradictoire il informera les parties et leurs conseils de façon circonstanciée de ses constatations et de leurs conséquences ;
4. L’audition de tiers
Dit que l’expert pourra recueillir des informations orales, ou écrites, de toutes personnes susceptibles de l’éclairer ;
5. Le calendrier des opérations, les consignations complémentaires, la note de synthèse
Dit que l’expert devra :
— en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations à l’issue de la première réunion d’expertise ; l’actualiser ensuite dans le meilleur délai,
. en fixant aux parties un délai pour procéder aux interventions forcées ;
. en les informant de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ou son projet de rapport ;
— adresser dans le même temps le montant prévisible de sa rémunération qu’il actualisera s’il y a lieu, procédant parallèlement aux demandes de provisions complémentaires ;
— adresser aux parties un document de synthèse, sauf exception (par exemple : réunion de synthèse, communication d’un projet de rapport) dont il s’expliquera dans son rapport, et arrêter le calendrier de la phase conclusive de ses opérations :
. fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse, lesquelles disposeront d’un délai d’un mois à compter de la transmission du rapport ;
. rappelant aux parties, au visa de l’article 276 alinéa 2 du code de procédure civile, qu’il n’est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au-delà du terme qu’il fixe d’au moins un mois ;
6. Le rapport
Dit que l’expert répondra de manière précise et circonstanciée à ces dernières observations ou réclamations qui devront être annexées au rapport définitif dans lequel devront figurer impérativement :- la liste exhaustive des pièces par lui consultées ;
— le nom des personnes convoquées aux opérations d’expertise en précisant pour chacune d’elle la date d’envoi de la convocation la concernant et la forme de cette convocation ;
— le nom des personnes présentes à chacune des réunions d’expertise ;
— la date de chacune des réunions tenues ;
— les déclarations des tiers entendus par lui, en mentionnant leur identité complète, leur qualité et leurs liens éventuels avec les parties ;
— le cas échéant, l’identité du technicien dont il s’est adjoint le concours, ainsi que le document qu’il aura établi de ses constatations et avis (lequel devra également être joint à la note de synthèse ou au projet de rapport) ;
Décide que l’original du rapport définitif (un exemplaire) sera déposé au greffe du tribunal judiciaire de Lille, service du contrôle des expertises, [Adresse 2], dans le délai de sept mois à compter de l’avis de consignation, sauf prorogation de ce délai dûment sollicité en temps utile auprès du juge du contrôle (en fonction d’un nouveau calendrier prévisionnel préalablement présenté aux parties. L’expert devra, dans le même temps, en adresser un exemplaire aux parties et à leur conseil ;
7. La consignation, la caducité
Fixe à 2 000 euros (deux mille euros) le montant de la provision à valoir sur les frais d’expertise qui devra être consignée par la partie demanderesse à la régie d’avances et de recettes du tribunal judiciaire de Lille au plus tard le 30 octobre 2025 inclus ;
Dit que faute de consignation de la provision dans ce délai impératif, ou demande de prorogation sollicitée en temps utile, la désignation de l’expert sera caduque et de nul effet ;
Déclare la présente décision commune et opposable à la caisse primaire d’assurance maladie de [Localité 16]-[Localité 15] ;
Condamne Mme [P] [J] aux dépens de la présente instance ;
Rappelle que la présente décision est exécutoire par provision.
La présente ordonnance a été signée par le juge et le greffier.
LE GREFFIER LE JUGE DES RÉFÉRÉS
Sébastien LESAGE Samuel TILLIE
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