Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Metz, ctx protection soc., 13 févr. 2026, n° 24/01089 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 24/01089 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 20 mars 2026 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Avocat(s) : | |
|---|---|
| Cabinet(s) : | |
| Parties : | Pôle social c/ CPAM, L' ANGDM, ETAT |
Texte intégral
Minute n°
ctx protection sociale
N° RG 24/01089
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE METZ
_____________________________
[Adresse 1]
[Adresse 2]
☎ [XXXXXXXX01]
___________________________
Pôle social
JUGEMENT DU 13 FEVRIER 2026
DEMANDEUR :
Monsieur [B] [O]
né le 06 Août 1953 à
[Adresse 3]
[Localité 1]
représenté par Me Nathalie THILL, avocat au barreau de METZ, avocat plaidant, vestiaire : A401
DEFENDERESSE :
ETAT REPRESENTE PAR L’ANGDM
Service AT/MP de [Localité 2]
[Adresse 4]
[Localité 3]
représentée par Maître Laure HELLENBRAND de la SCP HELLENBRAND ET MARTIN, avocats au barreau de METZ, avocats plaidant, vestiaire : B302 substituée par Me Anne-laure CABOCEL, avocat au barreau de METZ,
EN PRESENCE DE :
CPAM, INTERVENANT POUR LE COMPTE DE LA CANSSM ASSURANCE MALADIE DES MINES
[Adresse 5]
[Localité 4]
Représentée par Mme GURY,
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Président : Mme PAUTREL Carole statuant à juge unique conformément à l’article L.218-1 du Code de l’organisation judiciaire avec l’accord des parties présentes ou représentées
Assistés de Monsieur VAN PETEGEM Benoît, Greffier,
a rendu, à la suite du débat oral du 17 octobre 2026, le jugement dont la teneur suit :
Expéditions – Pièces (1) – Exécutoire (2)
à Maître Laure HELLENBRAND de la SCP HELLENBRAND ET MARTIN
[B] [O]
ETAT REPRESENTE PAR L’ANGDM
CPAM, INTERVENANT POUR LE COMPTE DE LA CANSSM ASSURANCE MALADIE DES MINES
Le
EXPOSÉ DU LITIGE
Né le 6 août 1953, Monsieur [B] [O] a travaillé du 4 septembre 1978 au 31 octobre 2002 au Fond au sein des Houillères du Bassin de Lorraine (« [1] ») aux droits desquelles est venu l'[2] (« [3] »).
Il a occupé les postes suivants à l’UE REUMAUX et l’UE MERLEBACH :
apprenti mineurélargisseur de galeriebowetteur ouvrages spéciaux rocherbétonneur coffreur ferrailleurbowetteur galerie horizontaleinstallateur taillepiqueur travaux divers chef de postechef équipe installateur taillechef de compagnie traçage charbon
Il a bénéficié d’un CET du 21 août 2002 au 31 octobre 2002.
Il a été placé en Congé Charbonnier de Fin de Carrière (CCFC) du 1er novembre 2002 au 31 décembre 2007 et du 1er janvier 2008 au 31 août 2008.
Le 16 janvier 2023, Monsieur [B] [O] a fait une demande de reconnaissance de maladie professionnelle à l’AMM-Assurances Maladie des Mines (ci-après la Caisse) pour une « silicose » au titre du tableau 25A2, attestée par un certificat médical initial établi le 11 janvier 2023 par le Docteur [E].
Par décision en date du 26 mai 2023, la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale dans les Mines (« CANSSM ») – Assurance Maladie des Mines (« AMM ») a admis le caractère professionnel de la pathologie constatée le 11 janvier 2023 au titre du tableau n°25A2 des maladies professionnelles.
Le 22 août 2023, la Caisse a attribué un taux d’IPP de 7% à Monsieur [B] [O] à compter du 10 janvier 2023, et lui a alloué au choix une rente annuelle d’un montant de 3 029,75 ou un capital de 3 162,58 euros.
Après échec de la tentative de conciliation introduite le 3 avril 2024, Monsieur [B] [O] a, le 2 juillet 2024, saisi le Pôle social du tribunal judiciaire, aux fins d’obtenir la reconnaissance de la faute inexcusable des [4] dans la survenance de sa maladie professionnelle, et de bénéficier de l’indemnisation qui en découle.
La Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Moselle (« la CPAM » ou « la Caisse »), qui agit pour le compte de la Caisse Autonome Nationale de la Sécurité Sociale dans les Mines (« CANSSM ») depuis le 1er juillet 2015, a été mise en cause.
Après une première mise en état du 6 février 2025, l’affaire a reçu fixation à l’audience publique du Pôle social du Tribunal judiciaire de Metz du 17 octobre 2025, date à laquelle elle a été retenue et examinée.
En raison de l’empêchement à siéger d’un des deux assesseurs de la formation collégiale du tribunal, et après accord des parties, il sera statué à juge unique conformément aux dispositions de l’article L218-1 du code de l’organisation judiciaire.
A l’issue des débats, la décision a été mise en délibéré au 13 février 2026.
PRETENTIONS DES PARTIES
A l’audience, Monsieur [B] [O], régulièrement représenté à l’audience par son avocat s’en rapporte à sa requête valant dernières conclusions et bordereau de pièces reçus.
Dans sa requête, Monsieur [B] [O] demande au tribunal de :
déclarer recevable et bien fondée sa demande;juger que sa maladie professionnelle inscrite au tableau 25 est due à une faute inexcusable de la société [4] (AJE) à laquelle se substitue l'[5] et juger qu’il a droit à une majoration de l’indemnité en capital dans la limite de 3 162,58;dire et juger que la majoration de l’indemnité en capital suivra l’évolution du taux d’incapacité permanente partielle de Monsieur [B] [O] ;en cas de décès imputable, que la rente de conjoint sera majorée à son taux maximum, et que la Caisse devra verser l’indemnité forfaitaire prévue par l’article L452-3 du code de la sécurité sociale, de même qu’en cas d’aggravation du taux d’IPP à 100% ;condamner la société [4] (AJE) à laquelle se substitue l'[6] à lui payer les sommes suivantes:20 000 euros au titre du préjudice physique, augmenté des intérêts au taux légal à compter du jour du jugement à intervenir ;40 000 euros au titre du préjudice moral, augmenté des intérêts au taux légal à compter du jour du jugement à intervenir ;5 000 euros au titre du préjudice d’agrément, augmenté des intérêts au taux légal à compter du jour du jugement à intervenir ;condamner l'[6], à lui payer la somme de 2 000 euros au titre de l’article 700 du Code de procédure civile;le condamner aux entiers frais et dépens;déclarer la décision à intervenir commune à la Caisse;juger que l’ensemble des sommes dues portera intérêts au taux légal à compter du prononcé de la décisionordonner l’exécution provisoire de la décision à intervenir.
L’Agence Nationale pour la Garantie des Droits des Mineurs ([6]), représentée à l’audience par son Avocat substitué, s’en rapporte à ses dernières écritures et au dernier état de ses pièces communiquées sous bordereau reçus en date du 13 octobre 2025.
Suivant ses conclusions, elle demande au tribunal de :
A titre principal :
débouter Monsieur [B] [O] et la CPAM de l’ensemble de leurs demandes formées à l’encontre de l'[6], la preuve de l’existence d’une faute inexcusable n’étant pas rapportée;A titre subsidiaire, si par extraordinaire la faute inexcusable de l’employeur venait à être retenue,
Sur les préjudices personnels de Monsieur [O],
débouter Monsieur [O] de ses demandes d’indemnisation au titre d’un préjudice causé par les souffrances physiques et morales endurées ainsi que celles sollicitées au titre d’un préjudice d’agrément;Plus subsidiairement,
réduire à de plus justes proportions les demandes indemnitaires;En tout état de cause,
rejeter la demande d’article 700 du CPC présentée par Monsieur [O] et l’en débouter;dire n’y avoir lieu à dépens.La Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Moselle, intervenant pour le compte de la [7] Mines, régulièrement représentée à l’audience par Madame [N] munie d’un pouvoir à cet effet, s’en rapporte à sa lettre datée du 17 octobre 2025 ;
Dans cette lettre adressée au tribunal, dont l’objet a été débattu à l’audience, la Caisse informe le tribunal qu’elle ne déposera pas d’écriture et qu’elle s’en remet au tribunal quant à la reconnaissance de la faute inexcusable et aux montants susceptibles d’être alloués. Elle indique que lors de l’audience de plaidoirie, elle demanderait la condamnation de l’employeur au remboursement de l’intégralité des sommes qu’elle devra avancer, en application de l’article L452-3-1 du Code de la sécurité sociale.
En application des dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, le tribunal se réfère aux conclusions des parties pour un plus ample exposé des faits, des moyens invoqués et des prétentions émises. Il est rappelé que la procédure étant orale, les écrits auxquels se réfèrent les parties durant l’audience ont nécessairement la date de celle-ci.
MOTIFS DE LA DÉCISION
SUR LA RECEVABILITE DE L’ACTION EN RECONNAISSANCE DE FAUTE INEXCUSABLE
L’action en reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur est soumise à la prescription biennale prévue à l’article L. 431-2 du code de la sécurité sociale.
Il en résulte que la demande en reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur formée le 2 juillet 2024 par Monsieur [B] [O] est recevable pour avoir été formée dans les deux ans suivant la demande de conciliation auprès de la CPAM (3 avril 2024), ce qui n’est pas contesté par l’ANGDM.
Le recours est donc recevable.
SUR LA MISE EN CAUSE DE LA CPAM DE MOSELLE AGISSANT POUR LE COMPTE DE LA CANSSM
Conformément aux dispositions des articles L.452-3 alinéa 1er in fine, L.452-4, L.455-2 alinéa 3, et R.454-2 du code de la sécurité sociale, la Caisse a bien été mise en cause, de sorte qu’il y a lieu de déclarer le présent jugement commun à cet organisme.
SUR LA MISE EN CAUSE DE L’ANGDM
En vertu de l’article 38 de la loi n°55-366 du 3 avril 1955, tel que modifié par décret n°2012-985 du 23 août 2012, « Toute action portée devant les tribunaux de l’ordre judiciaire et tendant à faire déclarer l’État créancier ou débiteur pour des causes étrangères à l’impôt et au domaine doit, sauf exception prévue par la loi, être intentée à peine de nullité par ou contre l’Agent Judiciaire de l’État. »
Toutefois, aux termes de l’article 2-11° du décret n°2004-1466 du 23 décembre 2004, tel que modifié par le décret n°2017-1800 du 28 décembre 2017, spécifique aux procédures relatives aux maladies professionnelles, l'[6] se substitue aux employeurs des agents en congé charbonnier de fin de carrière, en dispense ou suspension d’activité, en garantie de ressources ou mis à disposition d’autres entreprises à la date à laquelle elle les prend en charge.
Aussi, l’Agent Judiciaire de l’État n’intervient que pour le traitement des procédures relatives aux maladies professionnelles des anciens agents des entreprises minières, qui ne faisaient plus partie des effectifs au moment où l’entreprise a cessé son activité, soit au 1er janvier 2008.
En l’espèce, il est constant que Monsieur [B] [O] a été placé en [8] jusqu’au 31 août 2008.
Il en résulte qu’il faisait partie des effectifs au 1er janvier 2008, date à laquelle l’EPIC [4] a été dissout et mis en liquidation, et que son contrat a été repris par l'[6].
Par conséquent, il convient de déclarer la mise en cause de l'[6] recevable, ce qui n’est pas contesté.
SUR L’EXISTENCE D’UNE FAUTE INEXCUSABLE DE L’EMPLOYEUR
Le manquement à l’obligation légale de sécurité et de protection de la santé à laquelle l’employeur est tenu envers le salarié a le caractère d’une faute inexcusable lorsque l’employeur avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était soumis le travailleur et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver.
L’employeur a, en particulier, l’obligation de veiller à l’adaptation de ces mesures de sécurité pour tenir compte des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes. Il doit éviter les risques et évaluer ceux qui ne peuvent pas l’être, combattre les risques à la source, adapter le travail à l’homme, en particulier en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail, planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions du travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants. Les articles R.4121-1 et R.4121-2 du code du travail lui font obligation de transcrire et de mettre à jour au moins chaque année, dans un document unique les résultats de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des travailleurs.
Il est indifférent que la faute inexcusable commise par l’employeur ait été l’origine déterminante de la maladie contractée par le salarié, mais il suffit qu’elle en soit une cause nécessaire pour que la responsabilité de l’employeur soit engagée, alors même que d’autres fautes y compris la faute d’imprudence de la victime, auraient concouru au dommage.
La preuve de la faute inexcusable de l’employeur incombe à la victime, à ses ayants droit ou au FIVA, subrogé dans les droits de la victime ou de ses ayant-droits, en leur qualité de demandeurs à l’instance. Il est rappelé à cet égard que le simple fait pour un salarié de contracter une maladie dont l’origine professionnelle est reconnue, n’implique pas nécessairement que l’employeur ait commis une faute inexcusable à l’origine de l’apparition de cette maladie.
Enfin, la conscience du danger exigée de l’employeur est analysée in abstracto et ne vise pas une connaissance effective de celui-ci. En d’autres termes, il suffit de constater que l’auteur « ne pouvait ignorer » celui-ci ou « ne pouvait pas ne pas en avoir conscience » ou encore qu’il aurait dû en avoir conscience. La conscience du danger s’apprécie au moment ou pendant la période de l’exposition au risque.
L’employeur peut toujours contester le caractère professionnel de la maladie de son salarié, en défense de l’action en reconnaissance de sa faute inexcusable, quand bien même la décision de prise en charge de cette maladie au titre des risques professionnels revêtirait un caractère définitif à son égard (Civ. 2ème, 5 novembre 2015, n°13-28.373).
Ainsi, la caractérisation de la faute inexcusable suppose la réunion de trois éléments :
l’exposition du salarié à un risque ;la connaissance de ce risque par l’employeur ;l’absence de mesures prises par l’employeur pour en préserver le salarié.
Sur l’exposition au risque
L’article L.461-1 alinéa 2 du code de la sécurité sociale dispose que « Est présumée d’origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladies professionnelles et contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau ».
La maladie a été reconnue au titre du tableau 25A2 des maladies professionnelles relatif aux "Affections consécutives à l’inhalation de poussières minérales renfermant de la silice cristalline (quartz, cristobalite, tridymite), des silicates cristallins (kaolin,talc), du graphite ou de la houille »"
En l’espèce, l'[6] ne conteste pas l’exposition au risque de Monsieur [B] [O] au cours de sa carrière aux [1], devenues [3].
Cette condition est donc pleinement caractérisée.
Sur la conscience du danger par l’employeur
L'[6] rappelle qu’il est évident que les [1] avaient une conscience éclairée du danger représenté par les poussières de silice et de charbon, de sorte que cet élément constitutif de la faute inexcusable ne souffre d’aucune discussion.
Cette condition est donc pleinement caractérisée.
Sur l’absence de mesures prises pour préserver la santé du salarié
Les parties s’opposent sur l’existence et l’efficacité des mesures de protections individuelles et collectives prises par l’employeur pour protéger Monsieur [B] [O].
Les moyens des parties
Monsieur [O] fait valoir que les mesures de protection des mineurs, tant individuelles que collectives, contre l’inhalation des poussières étaient prévues notamment les décrets du 4 mai 1951 et du 24 décembre 1954, et l’instruction du 30 novembre 1956.
Il estime que son ancien employeur n’a pas appliqué cette réglementation, puisque les masques jetables en nombre insuffisant et le système d’arrosage étaient inefficaces et il constate l’absence de formation du personnel et d’information quant au risque subi. Il indique que les radiographies ne permettaient pas de déceler la silicose.
Il indique qu’il n’a pas bénéficié des mesures de protection suffisantes et efficaces aux fins de préserver sa santé et verse aux débats les témoignages de Messieurs [J] [R] et [D] [A].
En défense, l'[6] soutient que les [1], puis les [3], ont mis en œuvre toutes les mesures de protection collective et individuelle envisageables au fur et à mesure des progrès techniques et scientifiques et ont utilisé tous les moyens techniques et humains disponibles à l’époque pour combattre les poussières aussitôt que le risque a été connu: structure spécialisée pour la recherche et l’amélioration des moyens collectifs de luttes contre les poussières nocives, système d’arrosage, mesure du taux d’empoussièrement, infusion, aérage, boulonnage, entretien avec EOT,…
L'[6] souligne également que la jurisprudence a reconnu la mise en œuvre de mesures de protection.
L'[6] fait valoir que les attestations n’ont pas valeur de preuve en l’absence de preuve de la qualité de collègues. Elle estime que les témoignages ne sont pas précis sur les mesures de protection et confirment la mise à disposition de masques.
L'[6] se prévaut ainsi du fait que [4] avait confié aux différents bassins le soin d’organiser une médecine préventive du travail dès leur création en 1946.
Elle se réfère à des études, tests et enquêtes sur les modèles de masques fournis aux salariés.
Elle fait enfin état de contrôle de l’empoussièrement des chantiers et des différentes mesures de formation et d’information sur la silicose et les masques.
Toutefois, Monsieur [O] conteste la réalité et l’efficacité des mesures de protection alléguées.
Réponse de la juridiction
Il convient de rappeler à titre liminaire que la jurisprudence ne fait pas loi, les décisions étant rendues en fonction des données propres à chaque espèce, en fonction des moyens soulevés et des éléments versés aux débats, de sorte que les moyens avancés par l'[6] et Monsieur [O] quant à des jurisprudences antérieures ne saurait prospérer, le tribunal ne pouvant apprécier les éventuels manquements de l’employeur à son obligation de sécurité qu’en fonction de la situation spécifique de chaque espèce et de la qualité des témoignages produit par la victime.
Il est rappelé que les premiers textes sur la lutte contre l’empoussièrement des locaux de travail datent du début du XXème siècle (1893, 1904, 1912 et 1913) et ont préconisé notamment la mise en place de système d’aspiration et de ventilation.
Le décret n°51-508 du 4 mai 1951, portant règlement général sur l’exploitation des mines, a en outre fixé les dispositions applicables aux mines quant à la protection contre les poussières, son article 314 prévoyant ainsi que des mesures étaient prises pour protéger les ouvriers contre les poussières dont l’inhalation est dangereuse. Aussi, les locaux fermés affectés au travail devaient être bien aérés et l’air maintenu dans l’état de pureté nécessaire à la santé du personnel, en évacuant les poussières hors des ateliers, dès leur production. Le décret n°54-1277 du 24 décembre 1954 a ensuite détaillé les dispositions relatives à la surveillance médicale des mineurs.
Il a également été envisagé des mesures de protection collectives, telles que l’humidification des poussières, l’aération des galeries et la captation des poussières dès leur production. Un décret n°61-235 du 6 mars 1976 a néanmoins prévu, dans les cas où les travaux sont exécutés dans les lieux où l’aération est insuffisante, que des appareils de protection individuelle soient mis à la disposition des travailleurs. L’employeur se devait donc de prendre toutes les mesures utiles pour que ces dispositifs de protection individuelle soient maintenus en bon état de fonctionnement et désinfectés avant d’être attribués à un nouveau titulaire.
L’ensemble des dispositions relatives aux mesures de protection ont été intégrés au Code du travail par décret n°73-1048 du 15 novembre 1973. L’instruction du 15 décembre 1975, relative aux mesures de prévention médicales dans les mines de houille, a par ailleurs introduit la notion de pneumoconiose autre que la silicose et a préconisé des mesures de prévention telles que des mesures d’empoussiérage, le classement des chantiers empoussiérés, la détermination de l’aptitude des travailleurs aux différents chantiers et leur affection dans les chantiers empoussiérés.
L'[6] contestant les attestations de témoignages produites par le demandeur, le tribunal a examiné les attestations produites, pour vérifier que l’obligation vis à vis de la charge probante.
Or, contrairement aux affirmations de l'[6], il ne peut être contesté, vu les relevés de carrière produits, et vu le caractère suffisamment circonstancié de leurs dires, que les témoins particuliers du demandeur ont été ses collègues de travail, l'[6] ne rapportant par ailleurs pas la preuve contraire pour prouver l’absence de lien entre les agents.
Il sera rappelé qu’il n’appartient pas aux témoins d’indiquer qu’elles auraient été les solutions efficaces, car ils ne sont pas débiteurs de l’obligation de sécurité qui appartient en tout état de cause à l’employeur.
Ainsi, les deux attestations particulières de Messieurs [J] [R] et [D] [A] sont suffisamment circonstanciées et précises en ce qui concerne l’absence de mesure de protection, notamment d’arrosage, de masques efficaces, d’informations et de formation par l’employeur.
Bien que l'[6] fasse état d’un certain nombre de diligences effectivement accomplies par les [1] puis les [3] concernant la fourniture de masques, la lutte contre les poussières d’abattage et leur propagation, ou encore la mise à disposition de documentation relatives aux poussières nocives, force est de constater, au vu des attestations produites, que Monsieur [B] [O] en particulier n’en a dans les faits pas ou peu bénéficié, et que les dispositifs de protection tant individuels que collectifs, pourtant nécessaires à la préservation de sa santé, étaient manifestement insuffisants ou atteints de dysfonctionnements, le port du masque n’étant de surcroît pas obligatoire.
Il convient en outre de souligner qu’il appartenait en premier lieu aux [3] de respecter la réglementation relative au travail dans la mine (interdiction de la foration à sec, nécessité d’équiper d’un système de pulvérisation les marteaux- piqueurs, obligation d’arrosage, normes d’empoussiérage…), ce qui n’était pas le cas. Il sera également rappelé que la mise en place de mesures de protection individuelles était subsidiaire à la mise en place de mesures collectives, dont il a été prouvé l’insuffisance.
Dans ces conditions, Monsieur [O] rapporte la preuve de la défaillance de son employeur à mettre en œuvre à son égard toutes les mesures de protection collective ou individuelle alors existantes, en l’espèce des dispositifs d’arrosage des poussières efficaces, un système de mesure d’empoussièrement fiable, et des masques et filtres adaptés et en nombre suffisant.
En définitive, c’est à juste titre que Monsieur [O] fait valoir une faute inexcusable commise par l'[9] [3] venant aux droits des [1], qui ont eu conscience du danger auquel ils exposaient leur salarié et qui n’ont pas pris toutes les mesures de protection nécessaires pour l’en préserver.
Par conséquent, la faute inexcusable de l'[6], venant aux droits de [4], anciennement [10] [X] [11], dans la survenance de la maladie professionnelle de Monsieur [B] [O] inscrite au tableau 25A2, sera reconnue.
SUR LES CONSEQUENCES FINANCIERES DE LA FAUTE INEXCUSABLE A L’EGARD DE LA VICTIME
Aux termes de l’article L.452-1 du code de la sécurité sociale, lorsque l’accident est dû à la faute inexcusable de l’employeur ou de ceux qu’il s’est substitués dans la direction, la victime ou ses ayants-droit ont droit à une indemnisation complémentaire.
Sur la majoration la rente
L’article L.452-2 du Code de la sécurité sociale dispose que : « Dans le cas mentionné à l’article précédent, la victime ou ses ayants droit reçoivent une majoration des indemnités qui leur sont dues en vertu du présent livre.
Lorsqu’une indemnité en capital a été attribuée à la victime, le montant de la majoration ne peut dépasser le montant de ladite indemnité.
Lorsqu’une rente a été attribuée à la victime, le montant de la majoration est fixé de telle sorte que la rente majorée allouée à la victime ne puisse excéder, soit la fraction du salaire annuel correspondant à la réduction de capacité, soit le montant de ce salaire dans le cas d’incapacité totale. […]
La majoration est payée par la caisse, qui en récupère le capital représentatif auprès de l’employeur dans des conditions déterminées par décret ».
Il est acquis qu’en cas de faute inexcusable de l’employeur, la victime ou ses ayants-droit ont droit à la majoration maximale de leur rente dans la limite des plafonds (voir en ce sens Cass. 2èmeCiv., 6 avr. 2004, n°01-17.275), cette majoration ne pouvant être réduite que si le salarié a lui-même commis une faute inexcusable (voir en ce sens Cass. Ass. Plén., 24 juin 2005, n°03-30.038).
En l’espèce, Monsieur [B] [O] a opté pour une indemnisation sous forme de capital, et la Caisse lui a attribué un capital d’un montant de 3 152,58 euros correspondant à un taux d’incapacité permanente partielle de 7% en réparation de sa pathologie.
La faute inexcusable de l’employeur étant reconnue, il y a lieu de majorer à son maximum le capital ainsi alloué à Monsieur [B] [O], dans la limite des dispositions de l’article L.452-2 du Code de la sécurité sociale.
Cette majoration sera versée directement à l’intéressé par la CPAM de Moselle, agissant pour le compte de la CANSSM. Cette majoration suivra l’évolution éventuelle du taux d’incapacité permanente partielle reconnu à la victime et, en cas de décès de ce dernier résultant des conséquences de la maladie professionnelle, le principe de la majoration de rente restera acquis pour le calcul de la rente du conjoint survivant.
Dans la mesure où la demande d’indemnité forfaitaire apparaît en l’état prématurée, en l’absence de litige né et actuel sur l’allocation de cette indemnité forfaitaire, elle sera déclarée sans objet.
Sur la réparation des préjudices personnels de Monsieur [O]
Moyens des parties
En l’espèce, Monsieur [O] demande l’indemnisation des préjudices suivants :
— 20 000 euros au titre du préjudice physique (douleur),
— 40 000 euros au titre du préjudice moral,
— 5 000 euros au titre du préjudice d’agrément.
A l’appui de ses demandes indemnitaires, il fait état de souffrances physiques du fait de sa pathologie de silicose. Il fait également état de souffrances morales, dues à l’anxiété liée à l’évolution négative de son état de santé et au risque de cancer. Il mentionne encore l’existence d’un préjudice d’agrément au regard de l’impossibilité de pratiquer des activités sportives et de loisirs.
Il verse l’attestation de sa femme pour appuyer ses demandes.
L'[6] considère de son côté que Monsieur [O] ne peut réclamer une indemnisation des souffrances physiques et morales subies pour la période antérieure à la consolidation en l’absence de période de maladie traumatique. Elle soutient encore que Monsieur [O] n’apporte pas la preuve de souffrances physiques et morales postérieures à la consolidation, ni d’un préjudice d’agrément.
La Caisse s’en rapporte à justice sur ce point.
Réponse de la juridiction
Il résulte de l’article L.452-3 du code de la sécurité sociale qu'« Indépendamment de la majoration de rente qu’elle reçoit en vertu de l’article précédent, la victime a le droit de demander à l’employeur devant la juridiction de sécurité sociale la réparation du préjudice causé par les souffrances physiques et morales par elle endurées, de ses préjudices esthétiques et d’agrément ainsi que celle du préjudice résultant de la perte ou de la diminution de ses possibilités de promotion professionnelle. […] La réparation de ces préjudices est versée directement aux bénéficiaires par la caisse qui en récupère le montant auprès de l’employeur. »
L’indemnisation des souffrances physiques et morales prévues par ce texte ne saurait être subordonnée à une condition tirée de la date de consolidation ou encore de l’absence de souffrances réparées par le déficit fonctionnel permanent qui n’est ni prévue par ce texte, ni par les dispositions des articles L.434-1, L.434-2 et L.452-2 du code de la sécurité sociale, puisque la rente servie après consolidation est déterminée par la nature de l’infirmité, l’état général, l’âge, les facultés physiques et mentales de la victime ainsi que d’après ses aptitudes et sa qualification professionnelle ne comprenant pas la prise en compte de quelconques souffrances. Il s’ensuit que la rente et sa majoration ne peuvent indemniser les souffrances endurées. (Cour de cassation, Assemblée plénière 20 janvier 2023, pourvoi n° 21-23947).
En l’espèce, Monsieur [B] [O] s’est vu attribuer un taux d’incapacité permanente partielle de 7% avec un capital. Il y a lieu d’admettre, eu égard à son mode de calcul, son montant étant déterminé par un barème forfaitaire fixé par décret en fonction du taux d’incapacité permanente, que cette indemnité ne répare pas davantage le déficit fonctionnel permanent.
Dans ces conditions, Monsieur [O] est recevable en sa demande d’indemnisation des souffrances physiques et morales subies, dans la mesure où elles auront été caractérisées.
Le préjudice d’agrément vise quant à lui à réparer exclusivement le préjudice spécifique lié à l’impossibilité pour la victime de continuer à pratiquer régulièrement une activité spécifique de sports ou de loisirs, à laquelle elle se livrait antérieurement. Il concerne donc les activités sportives, ludiques ou culturelles devenues impossibles ou limitées en raison des séquelles de l’accident ou de la maladie. Il appartient au requérant de justifier de la pratique antérieure de ces activités.
Sur le préjudice physique
Monsieur [B] [O] était atteint depuis l’âge de 70 ans d’une pathologie évolutive indemnisée par un taux d’IPP de 7%.
Monsieur [O] produit le témoignage de sa femme et un certificat médical du Docteur [H].
Madame [K] [O] indique que son mari souffre d’essoufflement.
Le Docteur [H] fait état d’apnée du sommeil.
Ainsi, en raison de ces éléments et du taux d’IPP de 7%, la réparation du préjudice physique de Monsieur [O] sera fixée à 10 000 euros.
Sur le préjudice moral
S’agissant du préjudice moral, Monsieur [B] [O] était âgé de70 ans lorsqu’il a appris qu’il était atteint d’une silicose. Sa femme et le Docteur [H] décrivent son anxiété liée au fait de se savoir atteint d’une maladie irréversible liée à l’inhalation de poussières de silice et aux craintes de son évolution péjorative à plus ou moins brève échéance.
Le préjudice moral est donc caractérisé en l’espèce et sera réparé par l’allocation d’une somme de 20 000 euros de dommages-intérêts, eu égard à la nature de la pathologie et à l’âge de la victime au moment de son diagnostic.
En vertu des dispositions de l’article L. 452-3 alinéa 3 du code de la sécurité sociale, la CPAM de Moselle agissant pour le compte de la [12] devra verser cette somme à Monsieur [B] [O].
Sur le préjudice d’agrément
Il est rappelé que les troubles dans les conditions d’existence et la perte de qualité de vie sont déjà indemnisés au titre du déficit d’incapacité fonctionnelle.
Ainsi, il ressort du certificat médical du Docteur [H] que « ses propres limites physiques ont progressivement conduit à la diminution d’activités qui lui tenaient à cœur, notamment sportives ».
Ce préjudice étant caractérisé, la réparation du préjudice d’agrément sera fixée à 3 000 euros.
SUR L’ACTION RECURSOIRE DE LA CAISSE
Aux termes de l’article L.452-3-1 du code de la sécurité sociale, « Quelles que soient les conditions d’information de l’employeur par la caisse au cours de la procédure d’admission du caractère professionnel de l’accident ou de la maladie, la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur par une décision de justice passée en force de chose jugée emporte l’obligation pour celui-ci de s’acquitter des sommes dont il est redevable à raison des articles L.452-1 à L.452-3 du même code ».
En vertu de ce texte, l’inopposabilité éventuelle de la décision de prise en charge est sans incidence sur la faculté pour la caisse d’exercer son action récursoire contre l’employeur.
En outre, les articles L.452-2 alinéa 6 et D.452-1 du code de la sécurité sociale, applicables aux décisions juridictionnelles relatives aux majorations de rentes et d’indemnités en capital rendues après le 1er avril 2013, prévoient que le capital représentatif des dépenses engagées par la Caisse au titre de la majoration est, en cas de faute inexcusable, récupéré dans les mêmes conditions et en même temps que les sommes allouées au titre de la réparation des préjudices mentionnés à l’article L.452-3.
Dès lors, la CPAM de Moselle, agissant pour le compte de la [12], est fondée à exercer son action récursoire à l’encontre de l'[6].
Par conséquent, l'[6] sera condamnée à rembourser à la CPAM de Moselle, agissant pour le compte de la CANSSM, les sommes qu’elle sera tenue d’avancer sur le fondement des articles L. 452-1 à L. 452-2 du code de la sécurité sociale, outre intérêts au taux légal à compter du prononcé du présent jugement, conformément à l’article 1231-7 du code civil, au titre de la maladie professionnelle du tableau 25A2 de Monsieur [B] [O].
SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES
Partie succombante, l'[6], sera condamnée à verser à Monsieur [B] [O] une somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile.
L'[6], succombant à l’instance, sera condamnée au paiement des entiers frais et dépens.
En application de l’article R142-10-6 du code de la sécurité sociale, le tribunal peut ordonner l’exécution par provision de toutes ses décisions.
Rien ne justifie ici d’écarter ce principe.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal judiciaire, Pôle social, statuant à juge unique publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et rendu en premier ressort,
DÉCLARE Monsieur [B] [O] recevable en ses demandes ;
DÉCLARE le présent jugement commun à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Moselle, agissant pour le compte de la [12] – l’Assurance Maladie des Mines ;
DIT que la maladie professionnelle « silicose » suivant certificat médical du 11 janvier 2023, déclarée par Monsieur [B] [O] au titre du tableau 25A2 des maladies professionnelles est due à la faute inexcusable de l'[2] venant aux droits des Houillères du Bassin de Lorraine, son employeur ;
ORDONNE à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Moselle, agissant pour le compte de la [12], de majorer au montant maximum le capital alloué à Monsieur [B] [O], dans les conditions prévues à l’article L. 452-2 alinéa 2 du Code de la sécurité sociale, correspondant au taux d’incapacité de 7% à effet du10 janvier 2023 ;
DIT que cette majoration sera versée directement à Monsieur [B] [O] par la CPAM de Moselle, agissant pour le compte de la [12], sans que celle-ci ne puisse excéder les montants prévus à l’article L.452-2 du code de la sécurité sociale ;
DIT que cette majoration pour faute inexcusable suivra l’évolution du taux d’incapacité permanente partielle de Monsieur [B] [O] en cas d’aggravation de son état de santé ;
DIT qu’en cas de décès de Monsieur [B] [O] résultant des conséquences de la maladie professionnelle, le principe de la majoration de la rente restera acquis pour le calcul de la rente du conjoint survivant ;
DÉBOUTE Monsieur [B] [O] de sa demande au titre de l’indemnité forfaitaire ;
FIXE l’indemnisation des préjudices subis par Monsieur [B] [O] du fait de cette maladie professionnelle tableau 25A2 de la manière suivante :
10 000 euros au titre du préjudice physique20 000 euros au titre du préjudice moral3 000 euros au titre du préjudice d’agrément ;
DIT que la CPAM de Moselle agissant pour le compte de la [12] devra à verser cette somme de 33 000 euros (trente-trois mille euros) à Monsieur [B] [O] ;
CONDAMNE l’Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs ([6]) à rembourser à la CPAM de Moselle, agissant pour le compte de la [12], les sommes, en principal et intérêts, que l’organisme social sera tenu d’avancer à Monsieur [B] [O] sur le fondement des articles L.452-1 à L.452-3 du code de la sécurité sociale ;
DIT que l’ensemble des sommes allouées porteront intérêt au taux légal à compter du prononcé du jugement conformément aux dispositions de l’article 1231-7 du Code civil ;
CONDAMNE l'[6] à payer à Monsieur [B] [O] la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE l'[6] aux entiers frais et dépens ;
DÉBOUTE les parties de leurs demandes, fins, et conclusions, plus amples ou contraires ;
ORDONNE l’exécution provisoire de la présente décision.
Ainsi jugé les jour, mois et an susdits et Nous avons signé avec le Greffier, après lecture faite.
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Copropriété : droits et obligations des copropriétaires ·
- Demande en paiement des charges ou des contributions ·
- Biens - propriété littéraire et artistique ·
- Tribunal judiciaire ·
- Désistement d'instance ·
- Conciliateur de justice ·
- Adresses ·
- Siège social ·
- Défense au fond ·
- Juridiction ·
- Fins de non-recevoir ·
- Renonciation ·
- Dessaisissement
- Commissaire de justice ·
- Peinture ·
- Assurances ·
- Dégradations ·
- Usage ·
- Baignoire ·
- Loyers impayés ·
- Titre ·
- Locataire ·
- Tribunal judiciaire
- Consolidation ·
- Offre ·
- Sociétés ·
- Déficit fonctionnel temporaire ·
- Victime ·
- Préjudice esthétique ·
- Tiers payeur ·
- Titre ·
- Dépense de santé ·
- Poste
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Divorce ·
- Mariage ·
- Dissolution ·
- Aide juridictionnelle ·
- Régimes matrimoniaux ·
- Date ·
- Tribunal judiciaire ·
- Conjoint ·
- Partage ·
- Avantages matrimoniaux
- Adresses ·
- Mise en état ·
- Clôture ·
- Assureur ·
- Jonction ·
- Ordonnance ·
- Intervention forcee ·
- Révocation ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Avocat
- Exécution ·
- Délais ·
- Commissaire de justice ·
- Logement ·
- Juge ·
- Tribunal judiciaire ·
- Commandement ·
- Procédure civile ·
- Expulsion ·
- Recherche
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Désistement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Décès ·
- Notaire ·
- Épouse ·
- Héritier ·
- Partage ·
- Acceptation ·
- Profession ·
- Instance
- Indemnité d 'occupation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adjudication ·
- Commissaire de justice ·
- Titre ·
- Adresses ·
- Aide alimentaire ·
- Dommage ·
- Valeur ·
- Sommation
- Divorce ·
- Date ·
- Tribunal judiciaire ·
- Jugement ·
- Mariage ·
- Épouse ·
- Aide juridictionnelle ·
- Avocat ·
- Acte ·
- Adresses
Sur les mêmes thèmes • 3
- Tierce personne ·
- Préjudice esthétique ·
- Consolidation ·
- Victime ·
- Déficit fonctionnel permanent ·
- Préjudice d'agrement ·
- Assistance ·
- Indemnisation ·
- Souffrances endurées ·
- Classes
- Vienne ·
- Épouse ·
- Référé ·
- Facture ·
- Construction ·
- Demande ·
- Assurances ·
- Expertise ·
- Communication des pièces ·
- Vigne
- Adresses ·
- Carolines ·
- Associations ·
- Juge des enfants ·
- Date ·
- Aide juridictionnelle ·
- Tribunal judiciaire ·
- Reconnaissance ·
- Paternité ·
- Assistance éducative
Textes cités dans la décision
- Décret n°54-1277 du 24 décembre 1954
- Loi n° 55-366 du 3 avril 1955
- Décret n°51-508 du 4 mai 1951
- Décret n°2004-1466 du 23 décembre 2004
- Décret n°2012-985 du 23 août 2012
- Décret n°2017-1800 du 28 décembre 2017
- Code de procédure civile
- Code civil
- Code de l'organisation judiciaire
- Code du travail
- Code de la sécurité sociale.
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.