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Sur la décision
| Référence : | TJ Grasse, réf. civil, 13 nov. 2025, n° 25/03644 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/03644 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 25 novembre 2025 |
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Texte intégral
1 CCC DOSSIER + 1 CCFE et 1 CCC Me CORNE
Délivrance des copies le :
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRASSE
PÔLE PRÉSIDENTIEL
JUGEMENT RENDU SELON LA PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE AU FOND DU 13 NOVEMBRE 2025
Syndic. de copro. LA ROSE DES VENTS
c/
[N] [W] [J] [O]
DÉCISION N° : 2025/
N° RG 25/03644 -
N° Portalis DBWQ-W-B7J-QKZU
Après débats à l’audience publique tenue le 24 Septembre 2025
Nous, Madame Brigitte TURRILLO, Vice-Présidente du tribunal judiciaire de GRASSE, assistée de Madame Laura MOUGIN, Greffière avons rendu la décision dont la teneur suit :
ENTRE :
Syndic. de copro. LA ROSE DES VENTS sis [Adresse 7] [Localité 11][Adresse 2]) représenté par son syndic en exercice, le Cabinet BOUMANN IMMOBILIER, société à responsabilité limitée au capital de 100 000 € immatriculée au RCS de [Localité 9] sous le numéro B 434 170 403, dont le siège social est sis [Adresse 6] [Localité 3] [Adresse 10], représentée par son gérant en exercice, domicilié ès qualité audit siège
[Adresse 5]
[Localité 4]
représenté par Me Emmanuelle CORNE, avocat au barreau de GRASSE, avocat plaidant substitué par Me Clément LAUTIER, avocat au barreau de GRASSE,
ET :
Monsieur [N] [W] [J] [O]
né le 10 Octobre 1992 à [Localité 16] (PORTUGAL)
[Adresse 15]
[Localité 1]
non comparant, ni représenté
***
Avis a été donné aux parties à l’audience publique du 24 Septembre 2025 que le jugement serait prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 13 Novembre 2025.
***
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS DES PARTIES
Monsieur [N] [W] [J] [O] est copropriétaire (lot 108) au sein de la communauté immobilière LA ROSE DES VENTS située [Adresse 8] à [Localité 12].
Suivant acte de commissaire de justice en date du 15 juillet 2025, le syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, représenté par son syndic en exercice, la SARL Cabinet BOUMANN IMMOBILIER, a fait assigner selon la procédure accélérée au fond Monsieur [N] [W] [J] devant le président du tribunal judiciaire de Grasse à l’effet de voir, au visa des articles 54 et 56 du code de procédure civile, des dispositions de la loi du 10 juillet 1965 et du décret du 17 mars 1967, et notamment l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 dans sa rédaction issue de la loi ELAN du 23 novembre 2018 :
— constater le vote, par l’assemblée générale du 16 avril 2024, du budget prévisionnel de l’année 2025 pour un montant de 179.000 €,
Vu la mise en demeure 19-2 adressée par Maître [B] CORNE à Monsieur [N] [J] [O] en date du 15 mai 2025,
— constater l’expiration du délai légal de 30 jours,
— constater la déchéance du terme,
— condamner Monsieur [N] [J] [O] à lui payer les sommes de :
▸ 3.807,28 € au titre des arriérés des charges échues du 9 décembre 2019 au 1er juillet 2025,
▸ 393,38 € au titre des charges et cotisations fonds travaux non encore appelés au titre de l’exercice du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025,
▸ 650 € au titre des frais nécessaires,
▸ 2.000 € à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,
le tout avec intérêts au taux légal
— condamner Monsieur [N] [W] [J] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 2.000 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile et aux dépens en ce compris le coût de la présente assignation,
— juger n’y avoir lieu d’écarter l’exécution provisoire.
Le syndicat des copropriétaires requérant expose que les lettres de mise en demeure adressées à Monsieur [N] [W] [J] [O] par le syndic les 27 février 2023, 31 mai 2023, 25 août 2023, 22 novembre 2023, 13 février 2024, 14 juin 2024 et 25 novembre 2024 sont restées sans effet, que la mise en demeure de régler la somme de 610,32 € en date du 15 mai 2025 visant l’article 19-2 est elle-aussi restée sans effet, seul un règlement de 75€ étant intervenu, et qu’il est ainsi redevable d’une somme de 3.807,28 € au titre de l’arriéré des charges du 9 décembre 2019 au 1er juillet 2025 outre 393,38 € au titre des charges non échues de l’exercice 2025.
L’affaire a été appelée à l’audience de procédure accélérée au fond du 24 septembre 2025, date à laquelle elle a été évoquée et mise en délibéré
Le syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, par la voix de son conseil, demande le bénéfice de son assignation à laquelle il convient de se référer pour un plus ample exposé du litige, de ses prétentions et de ses moyens, conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile.
Bien que régulièrement assigné par remise de l’acte en l’étude du commissaire de justice, Monsieur [N] [W] [J] [O] n’a pas comparu ni personne pour lui; le présent jugement, susceptible d’appel, sera donc réputé contradictoire conformément à l’article 473 du code de procédure civile.
Les débats clos, l’affaire a été mise en délibéré au 13 novembre 2025.
MOTIFS ET DÉCISION
1/ Sur la procédure
En application des dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Monsieur [N] [W] [J] [O] a valablement été assigné à domicile selon les termes des articles 656 et 658 du code de procédure civile. L’acte introductif d’instance fait mention des diligences prévues aux articles 655 à 659 du code de procédure civile, notamment des diligences accomplies pour effectuer la signification à la personne de son destinataire, des circonstances caractérisant l’impossibilité d’une telle signification et des vérifications faites par le commissaire de justice que le destinataire demeure bien à l’adresse indiquée (nom sur la boîte aux lettres et confirmé par un voisin via l’interphone).
Les dispositions de l’article 754 du code de procédure civile ont été respectées et un délai de plus de 15 jours s’est écoulé entre la transmission du second original le 16 juillet 2025 et l’audience du24 septembre 2025.
Un délai suffisant s’est écoulé entre l’assignation et l’audience.
2/ Sur les demandes principales
Il appartient à tout créancier, conformément aux dispositions de l’article 1353 du code civil, de rapporter la preuve de l’obligation de paiement ; réciproquement, celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait qui produit l’extinction de son obligation.
En application de l’article 10 de la loi du 10 juillet 1965, modifié par la loi n°2021-1104 du 22 août 2021, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d’équipement commun en fonction de l’utilité objective que ces services et éléments présentent à l’égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l’entretien et à l’administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l’article 5.
Le règlement de copropriété fixe la quote-part afférente à chaque lot dans chacune des catégories de charges et indique les éléments pris en considération ainsi que la méthode de calcul ayant permis de fixer les quotes-parts de parties communes et la répartition des charges.
L’approbation des comptes par l’assemblée générale rend liquide et exigible la créance du syndicat des copropriétaires relatives à chaque quote-part de charges. Cependant, chaque copropriétaire est recevable à contester son décompte individuel s’il s’avère que les sommes qui sont portées, en débit ou en crédit, ne sont pas en corrélation avec les résolutions adoptées par l’assemblée générale.
Aux termes de l’article 14-1 de la même loi, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2023, pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d’administration des parties communes et équipements communs de l’immeuble, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel. L’assemblée générale des copropriétaires appelée à voter le budget prévisionnel est réunie dans un délai de six mois à compter du dernier jour de l’exercice comptable précédent.
Les copropriétaires versent au syndicat des provisions égales au quart du budget voté. Toutefois, l’assemblée générale peut fixer des modalités différentes.
La provision est exigible le premier jour de chaque trimestre ou le premier jour de la période fixée par l’assemblée générale.
Il résulte par ailleurs de l’article 14-2-1 que, dans les immeubles à destination totale ou partielle d’habitation, le syndicat des copropriétaires constitue un fonds de travaux au terme d’une période de dix ans à compter de la date de la réception des travaux de construction de l’immeuble […] Ce fonds de travaux est alimenté par une cotisation annuelle obligatoire. Chaque copropriétaire contribue au fonds selon les mêmes modalités que celles décidées par l’assemblée générale pour le versement des provisions du budget prévisionnel.
Aux termes de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, dans sa version applicable à compter du 1er janvier 2023, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles.
Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l’approbation par l’assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles.
Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1.
Cette procédure accélérée de recouvrement des sommes dues par un copropriétaire a été mise en place afin d’assurer le bon fonctionnement du budget prévisionnel annuel prévu à l’article 14-1 de la loi et prévoit ainsi la possibilité d’obtenir une décision exécutoire permettant à la copropriété de recouvrer plus rapidement les provisions sur charges et les fonds de travaux nécessaires au bon fonctionnement de son exercice en cours.
Sur la qualité à agir
Le syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS fournit en l’espèce :
— le relevé de propriété confirmant que Monsieur [N] [W] [J] [O] est copropriétaire du lot 108 au sein de la résidence [14] à [Localité 9],
— le contrat de syndic en cours au titre duquel le cabinet BOUMANN IMMOBILIER intervient pour son compte.
Sur l’approbation par l’assemblée générale du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels
Il résulte des pièces produites que les exercices comptables du syndicat des copropriétaires courent du 1er janvier au 31 décembre de chaque année.
Le [Adresse 17] LA ROSE DES VENTS produit notamment aux débats les pièces suivantes :
— le procès-verbal de l’assemblée générale des copropriétaires du 17 septembre 2020 dont il résulte que les copropriétaires ont approuvé les comptes de l’exercice 2019 et voté le budget prévisionnel de l’exercice 2021;
— le procès-verbal de l’assemblée générale des copropriétaires du 29 avril 2021 dont il résulte que les copropriétaires ont approuvé les comptes de l’exercice 2020 et voté le budget prévisionnel de l’exercice 2022;
— le procès-verbal de l’assemblée générale des copropriétaires du 6 avril 2022 dont il résulte que les copropriétaires ont approuvé les comptes de l’exercice 2021 et voté le budget prévisionnel de l’exercice 2023;
— le procès-verbal de l’assemblée générale des copropriétaires du 30 mars 2023 dont il résulte que les copropriétaires ont approuvé les comptes de l’exercice 2022 et voté le budget prévisionnel de l’exercice 2024;
— le procès-verbal de l’assemblée générale des copropriétaires du 16 avril 2024 dont il résulte que les copropriétaires ont approuvé les comptes de l’exercice 2023 et voté le budget prévisionnel de l’exercice 2025;
— le procès-verbal de l’assemblée générale des copropriétaires du 12 mai 2025 dont il résulte que les copropriétaires ont approuvé les comptes de l’exercice 2024 et voté le budget prévisionnel de l’exercice 2026;
Il résulte de ces pièces que les copropriétaires ont régulièrement approuvé les comptes du syndicat pour les exercices comptables 2019 à 2024 et qu’ils ont voté le budget prévisionnel de l’exercice 2025, correspondant à l’année en cours au jour de la mise en demeure.
Sur l’existence d’une provision demeurée impayée après mise en demeure
La mise en oeuvre de l’article 19-2 suppose qu’une provision due au titre au titre de l’article 14-1 ou une cotisation du fonds de travaux mentionné à l’article 14-2-1 soit demeurée impayée passé un délai de 30 jours après mise en demeure.
Ainsi que cela été rappelé dans un avis rendu le 12 décembre 2024 par la 3ème chambre de la cour de cassation, cette mise en demeure doit indiquer avec précision la nature et le montant des provisions réclamées au titre du budget prévisionnel de l’exercice en cours ou des dépenses pour travaux non comprises dans ce budget, à peine d’irrecevabilité de la demande présentée devant le président du tribunal statuant selon la procédure accélérée au fond.
Il est en effet nécessaire, pour que la procédure dérogatoire prévue à l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 puisse être mise en oeuvre, que la mise en demeure préalable constitue une interpellation utile, informative et dénuée d’ambiguïté afin que le copropriétaire défaillant puisse prendre la mesure exacte de l’injonction qui lui est faite et identifier clairement la réponse appropriée attendue, dans le délai requis.
L’article 64 du décret n° 67- 223 du 17 mars 1967 prévoit que toutes les notifications et mises en demeure prévues par la loi du 10 juillet 1965 et le présent décret sont valablement faites par lettre recommandée avec demande d’avis de réception. Le délai qu’elles font, le cas échéant, courir, a pour point de départ le lendemain du jour de la première présentation de la lettre recommandée au domicile du destinataire.
Ces notifications et mises en demeure peuvent également être valablement faites par voie électronique dans les conditions et selon les modalités fixées aux articles 64-1 à 64-4.
L’article 65 de ce décret dispose qu’en vue de l’application des articles 64 et 64-2, chaque copropriétaire ou titulaire d’un droit d’usufruit ou de nue-propriété sur un lot ou une fraction de lot notifie au syndic son domicile réel ou élu ainsi que son adresse électronique, s’il a donné son accord pour recevoir des notifications et mises en demeure par voie électronique. Les notifications et mises en demeure prévues par les articles 64 et 64-2 sont valablement faites au dernier domicile ou à la dernière adresse électronique indiquée au syndic.
Il résulte de ces articles que le délai de 30 jours débute au lendemain du jour de la première présentation du courrier au dernier domicile connu du copropriétaire défaillant, que ce copropriétaire signe l’avis de réception ou que ce courrier revienne avec les mentions “pli avisé et non réclamé”, “pli refusé par le destinataire” ou “destinataire inconnu à cette adresse” lorsque le copropriétaire n’a pas notifié dans les formes son changement d’adresse.
Selon le décompte arrêté au 9 juillet 2025, récapitulant les sommes échues à cette date(pièce n°11), au moins une provision trimestrielle due au titre du budget prévisionnel de l’exercice 2025 n’a pas été versée à sa date d’exigibilité.
Le syndicat des copropriétaires produit la lettre de mise en demeure adressée par son conseil à Monsieur [N] [W] [J] [O] le 14 mai 2025 (courrier posté le 15 mai 2025 et revenu avec la mention “pli avisé et non réclamé”) d’avoir à régler la somme de 610,32 € au titre des appels de charges et provisions des deux premiers trimestres de l’exercice 2025 selon décompte de charges arrêté au 6 mai 2025 et lui rappelant qu’à défaut de versement à sa date d’exigibilité d’une provision et après mise en demeure restée infructueuse passée un délai de 30 jours, les autres provisions non encore échues ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes, deviennent immédiatement exigibles en application des dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965.
Cette mise en demeure est incontestablement restée infructueuse passé le délai de 30 jours ainsi qu’il résulte du décompte produit arrêté au 9 juillet 2025, non contesté par le défendeur non comparant.
Le [Adresse 17] [Adresse 13] VENTS justifie donc avoir valablement mis en œuvre les dispositions de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965. Les autres provisions non encore échues en application des articles 14-1 ou 14-2 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent dès lors immédiatement exigibles.
Sur les sommes restant dues et provisions devenues immédiatement exigibles
Le syndicat des copropriétaires demandeur produit :
— le décompte des charges dues du 9 octobre 2019 au 1er juillet 2025 inclus faisant apparaître un solde débiteur (expurgé des frais) de 3.807,28 €,
— les appels de charges et de travaux adressés à Monsieur [N] [W] [J] [O] entre le 1er janvier 2020 et le 23 juin 2025,
— le prévisionnel de l’exercice 2025;
— les décomptes de charges pour les exercices 2019 à 2024;
— les annexes comptables pour les exercices 2019 à 2024.
Monsieur [N] [W] [J] [O], qui ne comparait pas bien que régulièrement assigné, ne conteste pas n’avoir pas réglé la totalité des charges et provisions dues.
Le syndicat des copropriétaires est en conséquence bien fondé à solliciter la condamnation de Monsieur [N] [W] [J] [O] au paiement des charges et provisions échues, ainsi que des appels provisionnels de l’exercice 2025 en cours, non encore échus au jour de la mise en demeure et devenus exigibles en application de l’article 19-2.
Au regard des pièces susvisées et du décompte produit (qui doit être expurgé des frais d’un montant total de 650 € qui seront évoqués ci-dessous), Monsieur [N] [W] [J] [O] sera en conséquence condamné au paiement des sommes suivantes :
— 3.402,62 € au titre des charges et provisions échues restant dues pour la période du 9 décembre 2019 au 30 juin 2025 inclus,
— 798,04 € correspondant aux appels de provisions trimestrielles, aux cotisations de fonds Alur et aux travaux des 1er juillet 2025 et 1er octobre 2025 inclus [soit 11,28 € + 380,81 € + 12,57€ + 380,81 € + 12,57 €], non encore échus à la date de la mise en demeure et devenus immédiatement exigibles,
soit la somme totale de 4.200,66 €.
Cette somme produira intérêts au taux légal à compter du 15 juillet 2025, date de l’acte introductif d’instance, jusqu’à parfait paiement.
Sur les frais relevant de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965
Aux termes de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné :
a) les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur […].
Le syndicat des copropriétaires sollicite la condamnation du copropriétaire défaillant au paiement d’une somme globale de 650 € au titre des frais nécessaires, correspondant à des frais de mise en demeure (50 € x 7) et à des frais de constitution du dossier transmis à l’avocat (300 €).
Le syndicat des copropriétaires produit les mises en demeure adressées à Monsieur [N] [W] [J] les 27 février 2023, 31 mai 2023, 25 août 2023, 22 novembre 2023, 13 février 2024, 14 juin 2024 et 25 novembre 2024. Il peut donc légitimement leur réclamer le paiement de la somme de 350 €.
Il sera en revanche débouté de sa demande en paiement de la somme de 300 € correspondant aux frais de constitution du dossier transmis à l’avocat. En effet, ces frais font partie des missions courantes du syndic rémunérées au forfait et ne peuvent donc donner lieu à une rémunération complémentaire, conformément au décret n°2015-342 du 26 mars 2015. De surcroît, l’annexe 1 (9) de ce décret, définissant le contrat type de syndic de copropriété et les prestations particulières, autorise une rémunération supplémentaire du syndic au titre des démarches contentieuses, telles la transmission du dossier un auxiliaire de justice ou un avocat, uniquement en cas de circonstances exceptionnelles, qui ne sont pas démontrées en l’espèce, ni même alléguées.
Le fait que le contrat de syndic prévoit éventuellement une rémunération spécifique au titre de cette prestation n’en change pas la nature, ces frais n’apparaissant pas nécessaires au sens de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965.
Il y a lieu dès lors de faire droit à la demande du syndicat des copropriétaires au titre des frais nécessaires à hauteur de 350 € et de rejeter le surplus des demandes.
3/ Sur la demande de dommages et intérêts
Le syndicat des copropriétaires sollicite en outre le paiement d’une somme de 2.000 € à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice causé par l’absence de règlement régulier des charges incombant à Monsieur [N] [W] [J] [O].
En application de l’article 1231-6 du code civil, les dommages-intérêts dus à raison du retard dans le paiement d’une obligation de somme d’argent consistent en principe dans l’intérêt au taux légal à compter de la mise en demeure ; ces dommages-intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte. Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts de l’intérêt moratoire.
En l’espèce, la persistance de Monsieur [N] [W] [J] [O], qui ne fournit aucune explication en l’absence de comparution, à ne régler qu’épisodiquement les charges appelées par le syndicat des copropriétaires requis en dépit des mises en demeure nombreuses qui lui ont été adressées, est de nature à créer des difficultés de gestion et contraint nécessairement les autres copropriétaires à l’avance de trésorerie.
Le préjudice ainsi caractérisé justifie sa condamnation au paiement d’une somme de 200 € à titre de dommages et intérêts.
4/ Sur les dépens et les demandes au titre de l’article 700 du code de procédure civile
Monsieur [N] [W] [J] [O], qui succombe à la présente instance, supportera les entiers dépens en ce compris le coût de délivrance de l’assignation.
Les dépens comprendront, conformément à l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire, les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.
Il serait inéquitable de laisser supporter au syndicat des copropriétaires de la résidence LA ROSE DES VENTS la charge des frais irrépétibles engagés à l’occasion de la présente procédure. Monsieur [N] [W] [J] [O] sera en conséquence condamné à lui régler la somme de 1.500 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile.
Enfin, il n’y a pas lieu d’écarter l’exécution provisoire, qui est de droit dans les conditions prévues aux articles 514-1 à 514-6 du code de procédure civile en application de l’article 481-1 6° du même code.
PAR CES MOTIFS
Le juge statuant sur délégation du président du tribunal judiciaire selon la procédure accélérée au fond après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire, mis à la disposition des parties au greffe,
Vu les dispositions des articles 10, 10-1, 14-1, 14-2-1 et 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, 36 et 45-1 du décret du 17 mars 1967 et 481-1 du code de procédure civile,
Condamne Monsieur [N] [W] [J] [O] à payer au syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, représenté par son syndic en exercice, le cabinet BOUMANN IMMOBILIER, les sommes suivantes, avec intérêts au taux légal à compter du 15 juillet 2025, date de l’acte introductif d’instance, jusqu’à parfait paiement :
— 3.402,62 € au titre des charges et provisions échues restant dues pour la période du 9 décembre 2019 au 30 juin 2025 inclus,
— 798,04 € correspondant aux appels de provisions trimestrielles, aux cotisations de fonds Alur et aux travaux des 1er juillet 2025 et 1er octobre 2025 inclus, non encore échus à la date de la mise en demeure et devenus immédiatement exigibles.
Condamne Monsieur [N] [W] [J] [O] à payer au syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, représenté par son syndic en exercice, le cabinet BOUMANN IMMOBILIER, la somme de 350 € au titre des frais nécessaires;
Condamne Monsieur [N] [W] [J] [O] à payer au syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, représenté par son syndic en exercice, le cabinet BOUMANN IMMOBILIER, la somme de 200 € à titre de dommages et intérêts;
Déboute le syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, représenté par son syndic en exercice, le cabinet BOUMANN IMMOBILIER, du surplus de ses demandes au titre des frais nécessaires et des dommages et intérêts ;
Condamne Monsieur [N] [W] [J] [O] aux dépens en ce compris le coût de la délivrance de l’assignation ;
Condamne Monsieur [N] [W] [J] [O] à payer au syndicat des copropriétaires LA ROSE DES VENTS, représenté par son syndic en exercice, le cabinet BOUMANN IMMOBILIER, la somme de 1.500 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
Dit n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire qui est de droit.
Le greffier Le juge statuant selon la
procédure accélérée au fond
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