Commentaire • 0
Sur la décision
| Référence : | TJ Meaux, ctx gen jcp, 21 mai 2025, n° 25/00978 |
|---|---|
| Numéro(s) : | 25/00978 |
| Importance : | Inédit |
| Dispositif : | Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur |
| Date de dernière mise à jour : | 19 juin 2025 |
| Lire la décision sur le site de la juridiction |
Sur les parties
| Parties : |
|---|
Texte intégral
Min N° 25/00503
N° RG 25/00978 – N° Portalis DB2Y-W-B7J-CD3SN
S.A. COFIDIS
C/
M. [X] [R]
Mme [U] [W] épouse [R]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 21 mai 2025
DEMANDERESSE :
S.A. COFIDIS
[Adresse 3]
[Adresse 5]
[Localité 2]
représentée par la SELARL HAUSMANN KAINIC HASCOET, avocat au barreau d’ESSONNE, avocat plaidant
DÉFENDEURS :
Monsieur [X] [R]
[Adresse 1]
[Localité 4]
comparant
Madame [U] [W] épouse [R]
[Adresse 1]
[Localité 4]
représentée par Monsieur [X] [R]
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Président : Mme PANGLOSE BAUMGARTNER Sonia
Greffier : Mme DEMILLY Florine
DÉBATS :
Audience publique du : 19 mars 2025
Copie exécutoire délivrée
le :
à : SELARL HAUSMANN KAINIC HASCOET
Copie délivrée
le :
à : Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R]
EXPOSE DU LITIGE
Selon offre préalable acceptée le 17 mars 2022, la Société anonyme COFIDIS (la SA COFIDIS) a consenti à Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] un crédit renouvelable n°28955001336567 d’une durée d’un an, d’un montant maximum en capital de 4.000 euros, avec intérêts au taux débiteur variable, et calculé selon les sommes réellement utilisées. Dans le cadre d’un avenant accepté par signature électronique le 2 juin 2023, le montant maximal du crédit renouvelable a été porté à la somme de 6.000 euros.
Selon offre préalable acceptée le 25 juillet 2022, la SA COFIDIS a consenti à Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] un prêt personnel n°28942001427823 d’un montant en capital de 8.000 euros, avec intérêts au taux débiteur fixe de 4,80 % l’an, remboursable en 60 mensualités s’élevant à 150,24 euros, hors assurance.
Selon offre préalable acceptée le 30 janvier 2023, par signature électronique la SA COFIDIS a consenti à Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] un prêt personnel n°28931001546986 d’un montant en capital de 10.000 euros, avec intérêts au taux débiteur fixe de 5,62 % l’an, remboursable en 71 mensualités s’élevant à 163,94 euros, hors assurance.
La SA COFIDIS a adressé à Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] une mise en demeure d’avoir à payer les sommes de 2.221,63 euros au titre des échéances impayées du crédit renouvelable n°28955001336567, la somme de 2.056,08 euros pour celles du prêt personnel n°28942001427823 et la somme de 2.111,15 euros pour celles du prêt personnel n°28931001546986, par lettres missives en date du 25 juillet 2024.
La SA COFIDIS a prononcé la déchéance du terme des contrats de prêt par lettres recommandées avec accusé de réception en date du 19 août 2024.
Par acte de commissaire de justice en date du 18 février 2025, la Société anonyme COFIDIS a fait assigner Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] devant le Juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Meaux, aux fins de :
Déclarer la SA COFIDIS recevable en ses demandes en paiement à l’égard de Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] et à titre principal les condamner solidairement à lui payer les sommes de :7.473,20 euros au titre du prêt renouvelable n°28955001336567, avec intérêts au taux contractuel de 7,716% l’an à compter de la mise en demeure du 19 août 2024 et, à titre subsidiaire, à compter de la présente assignation,7.633,75 euros au titre du prêt personnel n°28942001427823, avec intérêts au taux contractuel de 4,80% l’an à compter de la mise en demeure du 19 août 2024 et, à titre subsidiaire, à compter de la présente assignation,10.657,55 euros au titre du personnel n°28931001546986 avec intérêts au taux contractuel de 5,62% l’an à compter de la mise en demeure du 19 août 2024 et, à titre subsidiaire, à compter de la présente assignation,Ordonner la capitalisation des intérêts conformément à l’article 1343-2 du code civil,A titre infiniment subsidiaire, si la juridiction devait estimer que la déchéance du terme n’était pas acquise, constater les manquements graves et réitérés de Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] à leur obligation contractuelle de remboursement des quatre prêts et prononcer la résiliation judiciaire des contrats sur le fondement des articles 1224 à 1229 du code civil, et les condamner solidairement à payer à la SA COFIDIS au taux légal à compter du jugement à intervenir les sommes de :
7.473,20 euros au titre prêt renouvelable n°28955001336567,◦7.633,75 euros au titre du prêt personnel n°28942001427823,◦10.657,55 euros au titre du personnel n°28931001546986,En tout état de cause, condamner solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] à payer à la SA COFIDIS la somme de 800 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers dépens,Ordonner l’exécution provisoire par application de l’article 514 du code de procédure civile.
A l’audience du 19 mars 2025, la SA COFIDIS, représentée, maintient ses demandes.
Elle indique que les mensualités des emprunts n’ont pas été régulièrement payées, ce qui l’a contrainte à prononcer la déchéance du terme des contrats de prêts, rendant la totalité des dettes exigibles. Subsidiairement, elle expose, sur le fondement des articles 1224 et suivants du code civil, que les défendeurs ont manqué à leurs obligations contractuelles en ne payant pas les échéances. Elle précise que la forclusion biennale n’est pas encourue, les premiers incidents de paiements non régularisés se situant au mois d’octobre 2023 pour le prêt renouvelable et au mois de septembre 2023 pour les crédits personnels, et qu’elle est dès lors bien fondée à obtenir la condamnation des défendeurs au paiement du solde des sommes dues augmentées des intérêts au taux contractuel, au visa des articles L311-1 et suivants du code de la consommation. Elle a également pu émettre ses observations sur le respect des règles d’ordre public fixées par le code de la consommation.
Monsieur [X] [R] comparant, et Madame [U] [W] épouse [R], régulièrement représentée par son époux muni d’un pouvoir, ne contestent pas les montants réclamés. Ils précisent percevoir des pensions de retraites pour un montant total mensuel de 2.000 euros. Monsieur [X] [R] indique avoir cessé son activité suite à des problèmes de santé, mais souligne être prêt à reprendre une activité professionnelle qui lui rapporte un revenu complémentaire annuel de 20.000 euros par an environ. Il sollicite des délais de paiement à hauteur de 400 euros par mois à compter du mois de mai 2025 pour apurer ses dettes.
L’affaire a été mise en délibéré à la date du 21 mai 2025 par mise à disposition au greffe du tribunal.
MOTIFS DE LA DECISION :
En l’espèce, Monsieur [X] [R] a comparu à l’audience et Madame [U] [W] épouse [R] est représentée par son époux muni d’un pouvoir. Dès lors, la décision étant susceptible d’appel, il y a lieu de statuer par jugement contradictoire en application de l’article 467 du code de procédure civile.
Sur l’office du juge
En application de l’article R632-1 du code de la consommation, le juge peut soulever d’office toutes les dispositions de ce code dans les litiges nés de son application.
L’article L314-26 du code de la consommation précise que les dispositions des chapitres II et III et des sections II à VII du chapitre IV du code de la consommation sont d’ordre public.
En l’espèce, la SA COFIDIS a évoqué la régularité des offres de prêt et a pu formuler ses observations quant au respect des dispositions d’ordre public des articles L312-1 et suivants du code de la consommation.
Sur la recevabilité des demandes
En application de l’article R312-35 du code de la consommation, dans sa version applicable aux contrats de prêts des 17 mars et 25 juillet 2022, et du 30 janvier 2023, les actions en paiement engagées devant le tribunal judiciaire à l’occasion de la défaillance de l’emprunteur doivent être formées dans les deux ans de l’événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion.
En matière de crédits cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident non régularisé.
En l’espèce, il ressort des historiques de comptes que les premiers impayés non régularisés sont intervenus, aux mois d’octobre 2023 pour le crédit renouvelable n°28955001336567 et au mois de septembre 2023 pour les prêts personnels n°28942001427823 et n°28931001546986, et l’assignation a été signifiée le 18 février 2025.
Dès lors, la demande en paiement est recevable.
Sur l’exigibilité de la créance au titre des prêts :
Aux termes de l’article L312-39 du code de la consommation, en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû majoré des intérêts échus mais non payés.
En application des articles 1224 et 1225 du code civil, la résolution peut résulter de l’application d’une clause résolutoire, qui précise les engagements dont l’inexécution entraînera la résolution du contrat. En ce cas, la résolution est subordonnée à une mise en demeure infructueuse, s’il n’a pas été convenu que celle-ci résulterait du seul fait de l’inexécution, qui ne produit effet que si elle mentionne expressément la clause résolutoire.
Ainsi, si le contrat de prêt peut prévoir que la défaillance de l’emprunteur non commerçant entraînera la déchéance du terme, celle-ci ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque être déclarée acquise au créancier sans délivrance d’une mise en demeure restée sans effet précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle.
En l’espèce, aux articles « Exécution du contrat – Avertissement et conséquences de la défaillance de l’emprunteur dans les remboursements » les contrats de prêts stipulent qu’en cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur peut résilier le contrat et pourra exiger le remboursement immédiat du capital restant dû majoré des intérêts échus mais non payés.
Il ressort des pièces communiquées que Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] ont cessé de régler les échéances des prêts. La SA COFIDIS, qui a fait parvenir aux époux [R] une demande de règlement des échéances impayées le 25 juillet 2025, restée sans réponse, était dès lors bien fondée à se prévaloir de la déchéance du terme et de la résiliation de plein droit des contrats de prêts et à demander le remboursement immédiat des sommes exigibles selon les termes des contrats.
Sur la déchéance du droit aux intérêts des contrats de prêts
La SA COFIDIS demande à bénéficier des intérêts au taux contractuel.
Il lui appartient donc de démontrer, conformément aux dispositions de l’article 1353 du code civil, que la formation des contrats de crédits n°28955001336567, n°28942001427823 et n°28931001546986 et leur exécution sont conformes aux dispositions d’ordre public du code de la consommation.
Sur l’obligation d’informations précontractuelle (remise de la FIPEN) du contrat de crédit renouvelable n°28955001336567 et du contrat de prêt personnel n°28931001546986
L’article L312-12 du code de la consommation dispose que préalablement à la conclusion du contrat de crédit, le prêteur ou l’intermédiaire de crédit donne à l’emprunteur, sous forme d’une fiche d’informations, par écrit ou sur un autre support durable, les informations nécessaires à la comparaison de différentes offres et permettant à l’emprunteur, compte tenu de ses préférences, d’appréhender clairement l’étendue de son engagement.
L’article L341-1 du même code prévoit qu’en cas de non-respect de cette formalité, le prêteur est déchu du droit aux intérêts.
Il est constant, conformément à l’article 1353 du code civil que celui qui est légalement ou contractuellement tenu d’une obligation particulière d’information doit rapporter la preuve de l’exécution de cette obligation.
Toute clause générale et abstraite par laquelle l’emprunteur reconnaît avoir obtenu les explications nécessaires sur les caractéristiques de son prêt et avoir reçu une fiche d’information complète serait nécessairement déclarée abusive, et donc réputée non écrite.
En matière de credit renouvelable, il est constant que l’organisme prêteur doit répondre à son obligation d’information précontractuelle d’information à chaque offre modifiant le plafond des sommes mises à disposition.
En l’espèce, l’avenant au crédit renouvelable n°28955001336567, formulant une offre de crédit le 02 juin 2023, qui a été acceptée le même jour, par le biais d’une signature électronique, comporte un document unique, incluant la fiche d’informations précontractuelles européennes normalisées (FIPEN), et une clause générale par laquelle « les emprunteurs reconnaissent avoir reçu, pris connaissance et conservé un exemplaire de la fiche d’information précontractuelle, et avoir reçu les explications permettant de déterminer que le présent contrat de crédit est adapté à leur situation financière…. ». Le fichier de preuves produit montre ainsi que la FIPEN a été fournie concomitamment à l’offre de crédit, et non préalablement et en temps utile.
L’offre de prêt personnel n°28931001546986 formulée le 30 janvier 2023, qui a été acceptée le même jour, par le biais d’une signature électronique, comporte un document unique, incluant la fiche d’informations précontractuelles européennes normalisées (FIPEN), et une clause générale par laquelle « l’emprunteur reconnaît avoir reçu, pris connaissance et conservé un exemplaire de la fiche d’information précontractuelle,…. ». Le fichier de preuves produits montre ainsi que la FIPEN a été fournie concomitamment à l’offre de crédit, et non préalablement et en temps utile.
En conséquence, il convient de prononcer la déchéance du droit aux intérêts à compter de la date de conclusion des contrats de crédit renouvelable n°28955001336567 et de prêt personnel n°28931001546986.
Sur la consultation du fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP)
Selon l’article L312-16 du code de la consommation, avant de conclure un contrat de crédit, le prêteur doit vérifier la solvabilité de l’emprunteur à partir d’un nombre suffisant d’informations ; notamment le prêteur doit consulter le fichier national des incidents de paiement caractérisé (FICP), dans les conditions prescrites par l’arrêté du 26 octobre 2010, qui prévoit une consultation obligatoire par l’organisme de crédit avant toute décision effective d’octroyer un crédit à la consommation.
Le prêteur doit pouvoir justifier de la consultation du fichier, selon les modalités de l’article 13 du même arrêté.
Il résulte de l’article L341-2 du même code, que le prêteur qui n’a pas respecté les obligations des articles L312-14 et L312-16 dudit code est déchu du droit aux intérêts en totalité ou dans la proportion fixée par le juge.
En l’espèce pour chacune des trois offres de prêts, la S.A COFIDIS communique un document qui mentionne l’établissement code interbancaire, une date de consultation, la clé Banque de France avec les codes conformes à l’identification de l’emprunteur, le type de crédit, et la date de la réponse.
Cette fiche, renseignée par le seul organisme prêteur, dont les mentions sont particulièrement imprécises tant sur le mode de consultation du fichier que sur le résultat, peut soit laisser penser qu’aucune réponse n’a été donnée par le FICP, soit qu’aucun incident n’y figure.
En l’absence de production des justificatifs non seulement de la demande de consultation du fichier, mais également de son résultat, ce document ne peut suffire à justifier que le prêteur a respecté les prescriptions de l’article L312-16.
En conséquence, le prêteur, conformément aux dispositions de l’article L341-2 du même code, est déchu du droit aux intérêts au titre des trois prêts.
Sur les sommes dues :
En application de l’article L341-8 du code de la consommation, en cas de déchéance du droit aux intérêts, l’emprunteur n’est tenu qu’au seul remboursement du capital suivant l’échéancier prévu, et les sommes perçues au titre des intérêts sont restituées à l’emprunteur ou imputées sur le capital restant dû.
En outre, la déchéance du droit aux intérêts exclut la possibilité pour le prêteur d’obtenir le paiement de l’indemnité prévue par les articles L312-39 et D312-16 du code de la consommation.
Conformément à l’article L 341-8 précité, l’emprunteur n’est tenu qu’au seul remboursement du capital et la déchéance s’étend également aux primes ou cotisations d’assurances.
En l’espèce, il ressort des pièces produites par la SA COFIDIS notamment des historiques de prêts et des décomptes de créances arrêtés au 15 octobre 2024, que ses créances s’établissent comme suit :
Au titre du prêt renouvelable n°28955001336567:
— capital emprunté depuis l’origine (soit 7.327,38 euros),
➢
diminué des versements intervenus depuis l’origine avant la déchéance du terme (2.481,03 euros),➢diminué des versements intervenus après la déchéance du terme (0 euros),
Soit un montant total restant dû de 4.846,35 euros, sous réserve des versements postérieurs et/ou non pris en compte dans le décompte.
Cette somme produira intérêts au taux légal non majoré, et ce afin d’assurer le caractère effectif et dissuasif de la déchéance du droit aux intérêts, dans la mesure où il résulte des pièces du dossier que les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont il aurait pu bénéficier s’il avait respecté ses obligations.
Le contrat de prêt prévoit expressément l’indivisibilité et la solidarité des obligations entre les co-emprunteurs.
En conséquence, Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] seront condamnés solidairement à payer à la SA COFIDIS la somme de 4.846,35 euros arrêtée au 15 octobre 2024, au titre du crédit renouvelable n°28955001336567 souscrit le 17 mars 2022, avec intérêts au taux légal non majoré à compter de la mise en demeure du 19 août 2024.
Au titre du prêt personnel personnel n°28942001427823 :
– capital emprunté depuis l’origine (soit 8.000 euros),
➢
diminué des versements intervenus depuis l’origine avant la déchéance du terme (2.219,65 euros),➢diminué des versements intervenus après la déchéance du terme (0 euros),
Soit un montant total restant dû de 5.780,35 euros, sous réserve des versements postérieurs et/ou non pris en compte dans le décompte.
Cette somme produira intérêts au taux légal non majoré, et ce afin d’assurer le caractère effectif et dissuasif de la déchéance du droit aux intérêts, dans la mesure où il résulte des pièces du dossier que les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont il aurait pu bénéficier s’il avait respecté ses obligations.
Le contrat de prêt prévoit expressément l’indivisibilité et la solidarité des obligations entre les co-emprunteurs.
En conséquence, Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] seront condamnés solidairement à payer à la SA COFIDIS la somme de 5.780,35 euros arrêtée au 15 octobre 2024, au titre du prêt personnel n°28942001427823 souscrit le 25 juillet 2022, avec intérêts au taux légal non majoré à compter de la mise en demeure du 19 août 2024.
Au titre du prêt personnel personnel n°28931001546986 :
– capital emprunté depuis l’origine (soit 10.000 euros),
➢
diminué des versements intervenus depuis l’origine avant la déchéance du terme (1.507,37 euros),➢diminué des versements intervenus après la déchéance du terme (0 euros),
Soit un montant total restant dû de 8.492,63 euros, sous réserve des versements postérieurs et/ou non pris en compte dans le décompte.
Cette somme produira intérêts au taux légal non majoré, et ce afin d’assurer le caractère effectif et dissuasif de la déchéance du droit aux intérêts, dans la mesure où il résulte des pièces du dossier que les montants susceptibles d’être effectivement perçus par le prêteur au titre des intérêts au taux légal majoré de cinq points, nonobstant la déchéance du droit aux intérêts, ne sont pas significativement inférieurs à ceux dont il aurait pu bénéficier s’il avait respecté ses obligations.
Le contrat de prêt prévoit expressément l’indivisibilité et la solidarité des obligations entre les co-emprunteurs.
En conséquence, Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] seront condamnés solidairement à payer à la SA COFIDIS la somme de 8.492,63 euros arrêtée au 15 octobre 2024, au titre du prêt personnel 28931001546986 souscrit le 30 janvier 2023 avec intérêts au taux légal non majoré à compter de la mise en demeure du 19 août 2024.
Sur la demande de capitalisation des intérêts :
Aux termes de l’article 1343-2 du code civil, les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l’a prévu ou si une décision de justice le précise.
Selon l’article L312-38 du code de la consommation, aucune indemnité ni aucun frais autres que ceux mentionnés aux articles L312-39 et L312-40 ne peuvent être mis à la charge de l’emprunteur en cas de défaillance. Cette règle fait obstacle à l’application de la capitalisation des intérêts selon le code civil.
En conséquence, s’agissant de contrats de crédits à la consommation, il convient de rejeter la demande de capitalisation des intérêts.
Sur la demande reconventionnelle de délais de paiement :
En vertu de l’article 1343-5 du code civil, le juge peut, dans la limite de deux années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues, compte-tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier.
En l’espèce, Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] font état d’une situation personnelle, de ressources et de propositions d’apurement trop faibles au regard de l’importance de leurs dettes, qui ne permettent pas de les solder dans les délais légaux.
La demande de délais de paiement de Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] sera en conséquence rejetée.
Sur les demandes accessoires :
En application des dispositions des articles 696 et suivants du code de procédure civile, il convient de condamner in solidum Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] aux dépens de l’instance.
Il n’apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de la Société anonyme COFIDIS les frais non compris dans les dépens qu’elle a exposés dans le cadre de la présente instance. Il convient donc de rejeter la demande formulée au titre des frais irrépétibles.
Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire, de droit.
PAR CES MOTIFS,
DECLARE recevable les demandes en paiement formulée par la Société anonyme COFIDIS ;
CONDAMNE solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] à payer à la Société anonyme COFIDIS la somme de 4.846,35 euros arrêtée au 15 octobre 2024, au titre du crédit renouvelable n°28955001336567 souscrit le 17 mars 2022, avec intérêts au taux légal non majoré à compter de la mise en demeure du 19 août 2024;
CONDAMNE solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] à payer à la Société anonyme COFIDIS la somme de 5.780,35 euros arrêtée au 15 octobre 2024, au titre du prêt personnel n°28942001427823 souscrit le 25 juillet 2022, avec intérêts au taux légal non majoré à compter de la mise en demeure du 19 août 2024;
CONDAMNE solidairement Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] à payer à la Société anonyme COFIDIS la somme de 8.492,63 euros arrêtée au 15 octobre 2024, au titre du prêt personnel n°28931001546986 souscrit le 30 janvier 2023, avec intérêts au taux légal non majoré à compter de la mise en demeure du 19 août 2024;
DEBOUTE Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] de leur demande de délais de paiement ;
DEBOUTE la Société anonyme COFIDIS de sa demande de capitalisation des intérêts ;
DEBOUTE la Société anonyme COFIDIS de sa demande de condamnation au titre des frais irrépétibles ;
CONDAMNE in solidum Monsieur [X] [R] et Madame [U] [W] épouse [R] aux dépens de l’instance ;
RAPPELLE que le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit.
LE GREFFIER LA VICE-PRESIDENTE
Décisions similaires
Citées dans les mêmes commentaires • 3
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Assesseur ·
- Consultation ·
- Protection sociale ·
- Chambre du conseil ·
- Adulte ·
- Handicapé ·
- Restriction ·
- Recours
- Tribunal judiciaire ·
- Commissaire de justice ·
- Exécution ·
- Banque ·
- Mainlevée ·
- Juge ·
- Acte ·
- Procédure civile ·
- Adresses ·
- Saisie-attribution
- Sociétés ·
- Retenue de garantie ·
- Titre ·
- Frais bancaires ·
- Demande ·
- Paiement ·
- Tribunal judiciaire ·
- Provision ·
- Mise en demeure ·
- Obligation
Citant les mêmes articles de loi • 3
- Immobilier ·
- Entrepreneur ·
- Créance ·
- Marchés de travaux ·
- Clause ·
- Résiliation ·
- Maître d'ouvrage ·
- Liquidation judiciaire ·
- Mandataire judiciaire ·
- Lot
- Tribunal judiciaire ·
- Adoption ·
- Assesseur ·
- Honoraires ·
- Ministère public ·
- Ministère ·
- Jugement ·
- Public ·
- Minute
- Adresses ·
- Expertise ·
- Partie ·
- Syndicat de copropriétaires ·
- Résidence ·
- Mission ·
- Cabinet ·
- Société par actions ·
- Ouvrage ·
- Coûts
De référence sur les mêmes thèmes • 3
- Baux d'habitation ·
- Contrats ·
- Habitat ·
- Loyer ·
- Bail ·
- Clause resolutoire ·
- Résiliation ·
- Tribunal judiciaire ·
- Dette ·
- Délais ·
- Indemnité d 'occupation ·
- Commandement
- Tribunal judiciaire ·
- Mandat ·
- Prescription ·
- Commissaire de justice ·
- Action en responsabilité ·
- Jugement ·
- Fins de non-recevoir ·
- Procédure civile ·
- Courrier ·
- Procédure
- Enfant ·
- Débiteur ·
- Pensions alimentaires ·
- Vacances ·
- Contribution ·
- Prestation familiale ·
- Mariage ·
- Partage amiable ·
- Parents ·
- Date
Sur les mêmes thèmes • 3
- Grange ·
- Sociétés ·
- Siège social ·
- Syndicat ·
- Adresses ·
- Election ·
- Avocat ·
- Tribunal judiciaire ·
- Comités ·
- Holding
- Relations du travail et protection sociale ·
- Demande en paiement de prestations ·
- Protection sociale ·
- Consultant ·
- Consultation ·
- Médecin ·
- Tribunal judiciaire ·
- Jugement ·
- Intercommunalité ·
- Sécurité sociale ·
- Cliniques ·
- Maladie ·
- Assesseur
- Habitat ·
- Société anonyme ·
- Tribunal judiciaire ·
- Adresses ·
- Solde ·
- Contentieux ·
- Locataire ·
- Titre ·
- Protection ·
- Bail
Textes cités dans la décision
Aucune décision de référence ou d'espèce avec un extrait similaire.